‹ Œuvres choisies de LebrunChapitre 145 sur 177 · LIVRE SECOND · texte numérisé non relu

LIVRE SECOND

Le Rat et les Barmeeides.

O méchant coup ! acte vraiment pervers !

Un maudit rat croquer mes Barmeeides !

Maître Gilbert étoit là, mais ses vers

Au maudit rat parurent trop acides.

Là reposoient aussi vers de Roucher^

Se défendant mieux que fer ni rocher.

Las ! que je plains mes pauvres Barmeeides !

Pour eux , La Harpe , il n'est donc point d'abris !

jQe la vengeance il faut que tu décides ;

Le traître est là qui dort sur tes débris !

Nicaise oyant son vieux père râler,

Devers minuit, court vite au presbytère:

Curé, servante, étoient à sommeiller;

Il sonne, il frappe au moins une heure entière,

Tout doucement, peur de les éveiller.

On ouvrée enfin: Eh! que veux-tu, Nicaise?

Dit le curé. -^ Vraiment, ne vous déplaise,

Une heure y a , mon père se mouroit. —

Il est donc mort? — Non pas; car l'ami Biaise

M'a bien promis qu'il nous lamuseroit.

438 ÉPI6RÂMMES.

Page 1