‹ Œuvres choisies de LebrunChapitre 144 sur 177 · LIVRE SECOND · texte numérisé non relu

LIVRE SECOND

Aux deux Grâces chez lesquellesf oubliai un soir quelques élégies manuscrites, qui me furent renvoyées , le lendemain j enlacées de rubans.

Aimables sœurs , Fune au charmant sourire ,

L'autre aux grands yeux bien rêveurs et bien doux ,

Ces ten<lres vers qu^Amour me fit écrire

Ont donc passé la nuit auprès de vous !

Puis y dès Faurore, im message fidèle

Vient me les rendre avec faveur nouvelle,

Si qu on diroit que je n'ai rien perdu.

Mais quand Tibulle, hélas ! quitte Délie ,

Ce ne sont pas ses vers seuls qu'il oubUe :

Pensez-y bien ; tout ne m'est pas rendu.

Naïveté y imitée du Provençal.

Ce cœur, gentille Myrte, Qu'un jour me donnas en gage , Ne l'ai vendu ni prêté :

J'en ai fait un autre usage.

Je l'ai pris; avec le mien Je l'ai confondu si bien, Que plus ne sais , mon bel ange , Lequel des deux est le tien.

Sur une jolie petite Femme,

Lise est petite: Amour, qui la fait naître, N*est pas géant. Tout en elle est mignon. Extrait de grâce a composé son être; Dans un grand cercle à peine la voit-on 1 Mais qui la voit en garde la mémoire; Fragilité fait son charme et sa gloire. Ce joli rien se glisse dans le cœur ; Petit se fait au point qu on ne s*en doute; Puis il grandit, puis il régne en vainqueur. O jolis riens ! c'est vous que je redoute.

// Fauteur dune mauvaise petite comédie^ intitulée le Faux Seing.

Dans ta petite comédie Tout est sans couleur, sans dessein ; Pour l'intituler le Faux Seing, Il falloit la signer Thalie.

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