‹ Œuvres choisies de LebrunChapitre 172 sur 177 · SUR L'USAGE DE LA YIE · texte numérisé non relu

SUR L'USAGE DE LA YIE

Ainsi qu'un nuage, La sombre raison Souvent du bel âge Noircit l'horizon.

Dans sa route obscure Zenon me fait peur.

Enfant d'Épicure, Je vole au bonheur.

Jeux qu'amour inspire , Transports caressants,

Baisers de Thémire , Enivrez mes sens.

L'abeille volage N'aime que les fleurs ; Le doux badinage Plaît aux jeunes cœurs.

La vive hirondelle Cherche les zéphyrs ; Mon ame est JSdéle Aux tendres plaisirs.

Je laisse à Tautomne Ses fruits précieux :

Flore ! ta cx)uronne Sourit à mes yeux.

La naissante rose.

Soupirant tout bas , Dit à Zéphire : Ose Cueillir mes appas.

Llieure qui s envole Ravit nos printemps ; Et rien ne console Des pertes du temps.

Saisissez la vie y Mortels indiscrets !

La mort n est suivie Que du noir cyprès.

Sous Tœil du mystère , Voluptés ! Amours !

Cueillez dans Gythère . La fleur des beaux jours.

Trompez la sagesse Qui gronde vos jeux ; Bravez la vieillesse Qui glace vos feux.

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