‹ Œuvres choisies de LebrunChapitre 20 sur 177 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

Ici, Faudace d'un seul homme , Aimant le soleil contre Rome , Brûle ses vaisseaux indomptés :

Là, Bufibn, dWe main hardie, Lance Téclair et l'incendie Du sein de ses cristaux voûtés.

Horace ! Pindare ! Malherbe !

Sans lespoir flatteur et superbe D atteindre vos brillants essors , Esclave tremblant sous un maître.

Je serois indigne peut-être D'admirer vos divins accords.

Soyez donc, ombres immorteDes !

Mes guides, et non mes modèles ; Qu'un autre rampe à vos genoux :

Il est une gloire plus sûre ; Vous n imitiez que la nature , Et je l'imite comme vous.

Vers touchants ! pleurs de Simonide !

Vous qui de la fière Euménide Eussiez pu fléchir les rigueurs !

Lyre qui vengeas Mityléne , Et toi, qui fus chère à Mécène, A qui dùtes^vous ces £iveurs?

3o ODES.

Quelle autre aux Grâces réunie Soupira la tendre harmonie Des Tibulles et des Saphos?

Quelle autre inspiroit à Racine Les vers que sa muse divine Mit dans la bouche des héros?

Par elle un berger de Sicile Enfla ce chalumeau facile Qui fit la gloire de Ségrais ; Par elle le chantre d'Énée Sut d We reine abandonnée Peindre la flamme et les regrets.

Des Homères et des Corneilles Elle seule éclairant les veilles Immortalisa leurs travaux; Et du grand art des caractères Leur développant les mystères , Les fit modèles et rivaux.

G est elle encor que je veux suivre ; Par-tout de son auguste Uvre J'assemble les feuillets épars :

L aurore, les fleurs, les ombrages, La nuit , les torrents , les orages, Tout la révèle à mes regards.

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