‹ Œuvres choisies de LebrunChapitre 23 sur 177 · LIVRE PREMIER. 3S · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER. 3S

Lliéritage sacré des nymphes de Mémoire ,

C'est mi nom que la Gloire^ Sur des ailes de feu, porte au sombre avenir.

Ce nom qui, s'édiappant des murs de Thébe en cendre ,

A Fombre de Pindare asservit Alexandre y

Et dompta les fureurs de ce j eune lion ;

Ce nom qui fit couler des larmes généreuses ,

Et de gloire amoureuses , Qui nenvioient qu'Homère au vainqueur d'Ilion,

Ah ! bravant Fœii jaloux de la Parque trompée , Si de leur sang divin quelque goutte échappée Animoit un mortel , et vivoit parmi nous l SU rappeloit encor leurs augustes images ,

Il verroit nos hommages , Nos respects , nos trésors , nos cœurs à ses genoux,

S^il étoit un mortel qui du nom de Voltaire Portât chez nos neveux llionneur héréditaire , Ce nom seroit alors son immortel appui ; Et Mérope et Brutus, Sémiramis , Alzii*e,

Et la tendre Zaïre, Éléveroient leurs voix , et parleroient pour lui.

Eh! cependant, aux yeux de sa patrie entière , Du grand nom de Corneille mie jeune héritière Voit couler dans loubli ses destins et ses pleurs ,

Et d'un astre jaloux l'inflexible vengeance ,

Lui versant Findigenoe , Épuise sur ses jours la coupe des malheurs.

Dans le réduit sacré du solitaire asile ,

Où languit sa misère, où son destin Tekile,

La fierté d'un grand nom rend ses maux plus pressants ;

Et de tristes cyprès cette rose ombragée ,

Par les vents outragée , Implore en vain des cieux les rayons caressants.

C'est là qu'au sein des nuits , sôus leurs ombres muettes ,

Le silence irritant ses larmes inquiètes ,

Elle exhale en sanglots ces regrets douloureux :

« Mânes d'un demi-^iieu que le Parnasse adore ,

« Chère ombre que j'implore !

« Jette un œil de pitié sur ton sang malheureux.

« Hélas ! si jusqu'à toi mes pleurs ont pu descendre , « Corneille 1 si mes cris ont éveillé ta cendre , « Venge l'éclat d'un nom par toi-même anobli ! « Que dis-tu quand tu vois le rejeton fidèle

« D'une tige immortelle a Languir dans les horreurs d'un indigi^t oubli ?

« Ainsi de tes lauriers les promesses sont vaines ; a Et ton sang généreux coulera dans mes veines « Pour se voir insulté des destins ennemis :

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