‹ Œuvres choisies de LebrunChapitre 24 sur 177 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

« Les secours dédaigneux , Imdigeiioe tremblante ,

« Et la hcmte accablante, « Voilà donc les booneurs à ta race prônais?

« Irois-je, iroU^e , bâas! promenant mes alannes, « Et déjdoyant en vain un spectacle de larmes, « Tenter des yeux ingrats et de luxe enivrés? « Eh! peuirétre ces murs que ma douleur embrasse,

« Lasses de ma disgrâce, »Me fermenmt un jour leurs asiles sacrés ! »

Les pleurs coupent sa voix... O surprise f ô merveille ! Dans sa retraite obscure un doux édat Téveille ; Son lit parott flotter dans Tazur radieux : Ses regards éperdus nagaat dans la lumière;

Une ombre auguste et fière Dévoile avec Raideur tout Corneille à ses yeux.

Quoi , ma 611e ! ton cœur soupçonne ma tendresse i Âh ! sans doute les vœux que ta plainte m'adresse Ont traversé TÉrébe et ses profondes nuits : Dans les champs du bonheur, à ta voix désolée ,

Mon ombre s'est troublée ; Et mes lauriers émus ont pleuré tes ennuis.

De gloire et de misère étrange destinée ! O mon sang ! ô ma fille ! 6 chère infortunée ! Rends ton malheur auguste, et fais rougir le Sort.

La sublime vertu ne peut être avilie ;

L ame de Comélie Sut braver les revers , et César, et la mort

Moi-même , combattant l'injustice et Fenvie , Je ne dus qu^à moi seul tout l'éclat de ma vie ; De mes nobles destins respire la grandeur: Permets un doux espoir à ton ame alarmée,

Et vois ma renommée Qui déjà sur tes pas fait briller sa splendeur.

Si le nom de Corneille est ton seul héritage, Cette gloire n est point un stérile partage : O ma fille ! ta dot est l'immortalité ; Et je laisse à ton sort, que mon destin protège,

Mes lauriers pour cortège :

Leur ombre sert d'asile à ma postérité.

Comme un jeune palmier, levant sa noble tête , Sous 1 ombre paternelle aflronte la tempête, Rival du cèdre altier qui régne sur les monts; Si ton nom fut le mien , et si mon sang t'anime ,

Lève un front magnanime; Ma race peut marcher rivale des Bourbons.

Connois-tu tes aïeux? Cest cette foule illustre De héros qui me doit et sa vie et son lustre. Je ranimai leur cendre au feu de mes crayons.

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