‹ Œuvres choisies de LebrunChapitre 25 sur 177 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

Le Cid, Héradius, Ginna, Pompée, Horace,

Demi-dieux de ma race, T ouvrent déjà leurs bras , te prêtent leurs rayons.

Dans la France déjà, la voix de Rodogune A conté tes malheurs , a vengé ta fortune ; Melpoméne et la gloire ont combattu pour nous* Tes yeux, tes yeux ont vu quels honunages sans nombre

Accueillirent mon ombre Quand elle vint jouir dW triomphe si doux.

Un rival de mon nom, si quelqu'un le peut être. Voilà le protecteur que tu dois reconnoltre ; Tu peux, en Timplorant , Télever jusqu'à toi : Voltaire est ce rival, du moins si j ose en croire

Les récits que la gloire Sur la rive des morts en sema jusqu à moi.

Racine en fîit jaloux. Mes hautes destinées

A peine rassuroient mes palmes étonnées ;

Le Tasse , en rougissant, applaudit son vainqueur :

J^entendis les soupirs de Sophocle et d'Eschyle ,

Et même , aux yeux d'Achille , Henri, d'un autre Homère, a flatté son grand cœur.

G est peu qu'en ses écrits Thumanité l'inspire ,

La tendre humanité dans son ame respire ;

Elle ouvre aux malheureux et son cœur et sa main.

4o ODES.

Sans doute il n^eut jamais cette perfide adresse

Qui, feignant la tendresse, D'un faste faienfiôsant voile un ooeur inhumain.

Que de mortels pareils à oes riches fontaines Qu'implore un voyageur en ses courses lointaines î Leur bronze avec orgueil verse un flot indigent : Plus heureux s'il rencontre une rustique source

Qui, libre dans sa course , Aime à kû prodiguer tout son liquide aident.

Périssent les trésors ! périsse le barbare Qui de son or jaloux ferme la source avare. Pour y désaltérer ses regards clandestins ! Des trésors si vantés 1 usage salutaire

C'est d'être tributaire Du mérite indignait quWt trahi les destins.

Bienfaisance sid>lime ! 6 déesse -adorée i Toujours à tes regards Tinfortune est sacrée ! Un grand cœur s'enrichit des présents qu il a faits. Qu'il est beau d'accueillir la vertu malheureuse !

Une ame généreuse Enchaîne tous les cœurs par le nœud des bienfaits.

Ma fille I si mon ombre , au sein de l'Elysée , Par ces récits heureux ne fut point abusée , Il est digne en effet de venger tes malheurs :

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