LIVRE PREMIER
En peut absorber le cours ?
Siècle infâme ! siéde atroce !
Où l'impiété féroce Du ciel usurpa les droits !
Le trône est sans privilèges ; Et les poignards sacrilèges Ont finappé le sein des rois '.
Soleil, à nos destinées
Prête des jours plus sereins ;
Vers les lies Fortunées
Conduis nos pas incertains.
Bords riants , douce contrée.
Où la fugitive Âstrée
Reposa ses ailes d'or \
C'est là que, bravant les Parques ,
L'homme a ses dieux pour monarques ,
Et la vertu pour trésor.
Là, d'une Thémis vénale.
Jamais l'organe effronté Ne vendit, avec scandale.
Son oracle à la beauté.
Là, par un affreux mystère.
Jamais l'époux adultère Et Tinfame ravisseur,
■ Ce fut le fanatisme qui arma les assassins contre les rois de France et de Portugal.
Pour écraser Hirnooeiioe, N appelèreatla puissanoe Au secours de la noirceur.
Jamais I^iorrible Mégère
N y vint , d W fetal tison ,
Armer la txnipable mère
Du héros de Galydon '.
Jamais la main égarée
D'une soeur déxiaouiée
Du sang n'y rompit les nœuds.
Là y soleil ! tes feux augustes
N'édairent'^e des cœurs justes,
Des cœurs purs comme tes feux.
Ces illusions charmantes D^un bonheur en vain promis^ Et les fidèles aaanantes.
Et les sincères amis y Tous ces aimables mensonges , Qui , plus légers que des songes , Trompoient nos crédules yeux , Quittant leur vaine apparence, T font goûter Tassurance D'un bonheur digne des dieux.
' Mëléagre, qui dut la mort à sa mère Althëe. EUe brûla le tison fatal au<|ftel.éU>it attachée la TÎe de Mëléagre.