LIVRE SECOND
Fëoond par ses blessures mêmey Croît sous les atteintes du fer.
Mais si la fortune inconstante
Trahit la généreuse attente
De ses téméraires amants ,
Ah ! loin qu'un vil efiroi nous glace ^
Qu'au moins une brillante audace
Éclaire nos derniers moments.
Toi qui redoutes le naufrage , Vois César, au fort de Forage, Voguer sur les flots entrouverts:
Seul il affronte tout Neptune; Et s'il doutoit de sa fortune , Il eût mérité des revers.
Dussions-nous , aux bornes des ondes , Briser nos barques vagabondes A d'inévitables rochers, Préférons un naufrage illustre Au calme honteux et sans lustre De tous les vulgaires nochers.
Et vous , Héliades plaintives !
Vous qui soupirez sur ces rives La mort du jeune Phaéton , Ah ! plutôt chantez sa mémoire.
Il tombe , mais brillant de ^oire , Au sombre empire de Pluton!
Du trait brûlant qui te dévore En vain FÉridan fume encore :
J'envierois un destin pareil ; Du moins , ô noble téméraire !
Vrai fils du dieu qui nous éclaire , Tu montois le char du soleil.
ODE