SUR LE FADX GOUT DES POÉSIES MODERNES
Mes vers, enfants de la nature, Coulez avec cette onde pure Qui s'échappe de ses roseaux , Et qu'éveille un libre zéphire.
Loin des enceintes de porphyre Où l'airain captive les eaux.
Le choix des fleurs les plus brillantes Que dans ses prisons transparentes Enferme un art ingénieux ,
io6 ODES.
Vaut-il ce parterre champêtre, Ces fleurs que Gybéle a fait naître Dans un désordre harmonieux?
Ce n'est pas sous de verts treillages Où Part sut courber les feuillages, Qu'un rossignol charme les airs; Ses mélodieuses veillées, Sous les forêts échevelées, Prodiguent leurs plus doux concerts.
Ni l'art, ni sa riche imposture,
Bien ne répare la nature
Qui manque aux rimes de Bemis ;
D'azur il peint une cabane ;
Et son art, au pinceau d'Âlbane,
Prête d'infidèles vernis.
O prodiges nés de sa muse !
Dans l'urne même d'Arétfause Il verse un Champagne étonné ; Et plein des images de Guide, Il peindroit Thorrible Euménide Le front de myrtes couronné.
Par lui la folâtre Napée S'empare de Fonde, usurpée Aux yeux de Neptune surpris ;