‹ Œuvres choisies de LebrunChapitre 67 sur 177 · LIVRE SECOND · texte numérisé non relu

LIVRE SECOND

Il fait sourire les hyades, Et plonge les douœs naïades Au sein de Famère Dons.

Étoit-oe ainsi que les Tibulles, Les Ânacréons, les Gatulles, Consacroient leurs doctes pinceaux?

Non ; les Corréges du Parnasse Jamais de cette folle audace N'ont enluminé leurs tableaux.

La nature a de vrais prodiges ; Et rejetant les vains prestiges, Les monstrueux enchantements, Laisse à Pékin, encor barbare.

Renverser, d'un crayon bizarre.

L'ordre antique des éléments.

Tel , dans ces jours où la folie , De tous ses grelots embellie, Nous vend ses grotesques portraits , Momus sait d'une main fantasque Confondre sous l'erreur du masque L'âge, les sexes, et les traits;

Ou, telle une magique fée Attache l'inquiet Morphée Au rédt d'un conte enfantin.

io8 ODES.

Et nous berce de vains mensonges, Que met en fuite avec les songes Le premier rayon du matin.

Oui , le temps par qui tout s*épure, Le temps vainqueur de Timposture, Détruit nos frêles immortels.

Pézai nW plus dans la mémoire; Et Dorât survit à la gloire De ses innombrables pastels.

Tous ces vers brillants et stériles Imitent nos cristaux fragiles; Et l'art ne £edt rien de pareil Aux diamants inaltérables^ Dont les étincelles durables Paroissent filles du soleil.

ODE

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