‹ Œuvres choisies de Marceline Desbordes-ValmoreChapitre 84 sur 145 · POUR ENDORMIR L'ENFANT · texte numérisé non relu

POUR ENDORMIR L'ENFANT

« Ah! si j'étais le cher petit enfant

Qu'on aime bien, mais qui pleure souvent,

Gai comme un charme,

Sans une larme, J'écouterais chanter l'heure et le vent... » (Je dis cela pour le petit enfant.)

« Si je logeais dans ce mouvant berceau, Pour mériter qu'on m'apporte un cerceau

Je serais sage

Comme une image, Et je ferais moins de bruit qu'un oiseau... » (Je dis cela pour l'enfant du berceau.)

« Ah ! si j'étais notre blanc nourrisson, Pour qui je fais cette belle chanson, Tranquille à l'ombre Comme au bois sombre, Je rêverais que j'entends le pinson... » (Je dis cela pour le blanc nourrisson.)

« Ah! si j'étais l'ami des blancs poussins, Formant entre eux, doux et vivants coussins, Sans que je pleure, J'irais sur l'heure Faire chorus avec ces petits saints... » Je dis cela pour l'ami des poussins.)

« Si le cheval demandait à nous voir, Riant d'aller nager à l'abreuvoir,

Fermant le gîte,

Je crierais vite :

« Demain l'enfant pourra vous recevoir... » (Je dis cela pour l'enfant qu'il vient voir.)

« Si j'entendais les loups hurler dehors, Bien défendu par les grands et les forts,

Fier comme un homme

Qui fait un somme, Je répondrais : « Passez, messieurs, je dors!. (Je dis cela pour les loups du dehors.)

On n'entendit plus rien dans la maison, Ni le rouet, ni l'égale chanson;

La mère ardente,

Fine et prudente, Fit l'endormie auprès de la cloison, Et suspendit tout bruit dans la maison.

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