L\FRANCE
La femme dit cela , mais... Et si vous le per* mettez , Monsieur , je passerai la nuit dans votre chambre ; de cette manière je serai moins inquiet de vous.
VALBELLE
C'est-à-dire , que tu seras moins inquiet de toi. Tu me crois plus capable de te défendre que le cocher et que Lafleur , n'est-il pas vrai ?
LAFRANCE.
Écoutez donc , quand cela serait ; vous êtes brave, vous! vous avez été à Tarmée. . . Soyez juste , Monsieur , les guerres qui ont désolé la Sicile , ont rempli les forêts d^une infinité de déserteurs , vrais bandits , qui attaquent les voyageurs, et en veulent surtout aux Français, qui les ont souvent étrillés ; ils les pillent et les tuent toutes les fois qu'ils peuvent les rencontrer.
On y a mis bon ordre , et depuis long-temps on n^a pas entendu dire. . . D ^ailleurs, des gardes parcourent les forêts.
LAFRANCE.
Oui , mais avec le temps quHl fait
VALBELLE
Allons , finissons ce ridicule entretien ; je rougis d'écouter plus long-temps le récit de tes terreurs paniques. Va te coucher , et réveille-moi à la pointe du jour.
LAFRANCE.
Allons , allons , puisque tous êtes si tranquiUe, je dois aussi • • . Ma foi , oui , votre assurance me rend le courage ... Et tout bien considéré , je Tais. . . je Tais manger un morceau dans la cuisine,
et puis si le sommeil Tient... ( il s'en Ta lentement >
J^aurais pourtant fort bien passe la nuit sur cette chaise.
YALBEUf.
Et demain lu ne pourrais plus te soutenir. . . non , je ne le tcux pas. . . je dois arriver demain à Païenne , et. . .
LAFRANCE.
Allons , je m^en vais. ( Il re^îenL) Monsieur , par hasard , n^aurait pas le projet de descendre.
VAUBELLE.
Et pourquoi faire ?
LAFRANCS.
Je dis,., pour Toir la petite serTante.
YALBEIXE.
Elle montera.
LAFRANCE , n'osant dire qu'il a peor.
Oui. ( Il revient. ) CVst qu'il Y a une galerie fort longue , et je ne connais pas les êtres.
YALRELLE.
Elst-ce que je les connais mieux , moi ?
LAFRANCE.
Non , non , c'est que lorsqu^on est deux , an se... il fait sombre en diable dans Fescalier.
YAUNELLE.
Insigne poltron ! allons, allons, appelle la fille...
3c8 DEUX MOTS,
( Il appeNe. ) La (îlle , Pclaîrcz... Tu y vois à présent. Soupe et va te coucher.
LAPRANCE.
Oui, Monsieur. (Apan.) Je vais tout observer, et si mes soupçons se confirment , je préviendrai mes camarades, et nous tâcherons de-..
VALBEIXE , se retournant et le Toyant encorc-
Tu te fais attendre , cela n'est pas galant.
LAFRANCE, criaul en bas.
Je descends.
VALBEUI.
Ah! dis que l'on monte un fagot ; le froid me saisit, et je sens que cette chambre...
LAFRANCE.
Je vais le (lire... Adieu, mon cher maître, atlieu. ( Baillant la volt. ) Fermez toujours bien votre porte . et n'oubliez pas de mettre le verrou.
VAI.BELLE
Oui , oui , brave Lafrance.