‹ Œuvres choisies de MarsollierChapitre 139 sur 219 · I. IlOi K,S.SE · texte numérisé non relu

I. IlOi K,S.SE

Aurez-vouâ blmtôi linî allumer un fagot ?

C'est qiie le b'iii

OPÉRA-COMIQUE. 3ai

LHOTESSE*

Vous ayez raison. La viTacité m'emporte toujours. Mais c'est qu^on croirait qu^elle Ta choisi exprès pour perdre ici son temps, car nous en avons

de plus sec. ( Rose souffle le fea ; on frappe avec force à la porte

de la maison. )( A part.) Ah ! ah! cc sout cux, je Ics entends. (Elle crie par la fenêtre qu'elle oorre et referme. ) :

Passez par la petite porte , je Tai laissée ouverte.

( Rose frissonne » le soufflet tombe de ses mains. VaJbelle est inqùet.)

YAIAELLE*

Qu'est-ce ceci?

l'hôtesse.

Rien ; c'est mon mari qui rentre... Je ne l'attendais pas aujourdliui.

YAI3ELLE.

Il revient seul? .

l'hôtesse.

Oh! je ne sais pas trop... Ils pourraient bien être plusieurs... Ce sont ses garçons.

YALBELLE.

Plusieurs !

(Rose s*appuie sur son aoofflet» comme prête ài se trovrcr mal- L'Hôtesse lui donne un coup sur le bras. )

L HOTESSE , àiRose.

Eh bien ! dormez-vous ? ( Elle va à la porte &ire sisnc ans voleurs de ne pas entrer, )

(Rose , que ValbeUe regarde toujours arec inquiétude » veut de'signcr

que les roleurs sont au nombre de quatre ; pour cela elle prend

ancbe mince de fagot , et la casse en quatre fois, ce qui &it un

mît qui sVntend bien de Valbellc , et ne peut donner de

à l'Hôtesse. )

VALBELLE y comptant bas, et dei lèvres seulement, dit baut et

à part , le dernier.

Quatre! (àPHôtesse.) Comment , tous ne savez pas précisément le nombre des gens qui sont chez vous?

l' HOTESSE.

C'est que... C*est qu'il y a un homme de journée qu'on n^amène que lorsqu'il y a quelque tra- ^ vail extraordinaire. ( a part. ) Pourquoi donc toutes ces questions.

( An mot de trayai! extraordinaire , Rose fait un signe d^borreur, et, d*un geste, elle montre le lit, fait le signe de dormir, et annonce l'action de tuer d*un coup de poignard. )

YAUSEIXE.

Ah! et peut-être aujourd'hui y a-t-il quelque

travail...

l'hotesse.

C'est ce que nous apprendrons bientôt ; mais

cela ne doit pas vous inquiéter. Ce sont tous de

braves gens ; et , s'il arrivait quelque chose ici ,

nous sommes là pour vous défendre.

VALBELLE

Oh! rien ne m'effraye! Je me suis trouvé quelquefois dans des circonstances assez embarrassantes. Je me disais alors un de ces vieux refrains qu'on nous apprend dans notre enfance , et qui nous reviennent souvent à l'esprit... C'est fort peu de chose , mais ce qu'il conseiUe est sage , et pourrait être utile dans certaines occasions.

l'hotesse.

Eh ! qu est-ce donc qu'il conseille , ce vieux refrain ?

OPÉRA-(iOMIQUE. 3a3

YALBEjLLE.

Attendez, que je me le rappelle. Le voici.

( Il regarde Rote , et dit lei deux premiers Tert^)

CHA]>ÎSON.

Prudence , espoir et vigilance Sont à propos dans tous les temps ; Je puis braver tous les mëchans , Quand un bon cœur prend ma défense.

Plus le danger paraît pressant,

Plus le sang- froid est nécessaire! i

(Regardant Rose.)

Un geste, un mot, tout nous éclaire!

Et Ton se dit en cet instant :

Prudence , espoir et vigilance Sont à propos dans tous les temps ; Je puis braver tous les méchans , Quand un bon cœur prend ma défense.

Il ferre la main à l'Hôtesse » qui remercie, croyant que cela est pour elle , et regarde tendrement Rose qui est très émue. )

L^HOTESSE

Les méchans ! Ah ! vous n^avez pas à craindre cela, Ydus.

VALBELIiE.

Je le crois.

L^HOTESSE

Pour les bons cœurs, ce nVst pas pour nous vanter , mais il y en a ici.

YALBELLE , regardant Rost.

Ah! j^en suissiV.

l'hôtesse.

Pardonner si je vous laisse un moment , mais

3a4 DEUX MOTS,

il faut bien que j'aille voir le cher hommes et

m*informcr s'il n'a besoin de rien.

C^est bien juste , et cela fait honneur à votre

sensibilité.

l'hotesse.

Rose 9 suivez-moi. ( L'^iôtesse avance doucement , Rose derrière elle , après avoir pose lentement le soufflet , joint les mains

avec expression , et réitère le signe du silence. ) AUons GOnC !

allons donc ! venez prendre la couverture et l'oreiller , pour faire le lit de Monsieur.

VALBELLE

Puisque voilà votre mari , vous pouvez rester en bas , Rose suffira pour me servir.

L^HOTESSE

Nennil nenni! je ne laisse pas une jeunesse comme ça toute seule avec un officier.

VALBELLE

Vous avez des principes austères , Madame.

L HOTESSE

11 faut bien , Monsieur ; on n'a que ça ; la pauvreté et l'honneur. ( A Rose. ) Que faites-vous donc

là? Avancez , avancez donc. ( En sortant , et presque dehors, elle la pousse rudement.) Ahî je te relèverai du péché de paresse. Va, marche donc, marche.

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