‹ Œuvres choisies de MarsollierChapitre 16 sur 219 · SUD · texte numérisé non relu

SUD

Estimé...

iBRAmm.

De juif!

SEID

Je suis de votre pays.

IBRAHIM

Tu as beau feindre de le mettre en colère , je ne suis plus dupe , sur les bonnes qualités d'une femme, et sur les promesses d^un courtier; il faut d^abord en rabattre la moitié, et disputer après sur le reste.

GULNARE

Quel homme !

IBRAHIM

Ecoutez ceci , monsieur le marchand estimé.

COUPLETS

Je trouve une femme jolie , Mais je B'en suis point amoureux.

Et jamais pour les plus beaux yeux

Je ne ferais une folie. {àù.) Quand f ai fait mes quatre repas, £t que j^ai dormi d'un bon somme y U ne ni'importe guère comme J \ **•/

Chacun de moi pense ici bas.

Là, là, là, là, là,

Là, là, là, là, là, 11 ne m'importe guère comme De moi chacun pense ici bas.

Cet ayis n'est-il pas le vôtre?

D'amours je change tous les mois ,

A*mui4k m'tmitufef4'tmtiuti»

.Vit't KHfjoiH-N m'tit A'êo fiir<i! m uàr^ i/iiHitA )'»( C»it fftf!* ipntiff tffiu», rtr;. iJi, U, ià,ik, tk.

f >M Iwn «îft nft 4*' l« bfn^riftM

Va triip, titmn p\tn$tii:(/,U,}4iim t'i*tfiHtrl

fMAHlM.

tittA-tUi^ point? a-t-ftll« imir'f... mai» qu'élis vWinR î* i|ti'i!llA «mitm tte me, pliiirtf , je im l'im cnip'MM! p*».

CV*! I>i'm fin^«((«»nt , nmurhunul , ri «Ile (l««t Hm tth CTnpr«i»«T« «Je pr(;l'(t«r tle U pvnnmum qw ♦'XJ* t*mle/y bJ(în lui (l(mn«r... ( A Ouf««r« ) Allia plaire à MflwriftMr.

Qwrlli; humiliation!

IKHAmM,

M(fim !■.• Ktl» parlif , jx f.um...

KUe fe fôlkîU; du «orl (jul lui rut téuxif.

SEID

Vous régaierez , Seigneur , vous êtes bien fait pour cela. ( Bas ii Gtiinarc. ) Allons donc , prenez sur

TOUS

GULNARE

J^ai beau faire , le ton de cet homme me rërolte.

SEID

Tout dépend de la somme... tous savez que le père d'Osmin...

GULMAHE.

Ah! oui , oui , je ne devais pas Toublier.

Seid, vient-elle?... ah! la voilà qui se décide.

(D WÊtt scf faioetles ; Gnlnare y tmiîde , dëcoaragëe , a la démarche

lemc cl cmbarranëe. ) Elle cst gentille, il faut l'avouer ; mais elle est un peu gauche... elle n*a pasTair, Ul.. cet air qui... qui fait... tu sais bien , Seid.

SEID

Tout cela peut venir , quand on se connaît plus particolièrement ; c'est la première fois qu'elle est mise en vente.

IBEAffiM, en colère.

La première fois! c*est toujours la première fois ; ( AwK nacts ) Cela mérite pourtant attention !... ( rcad fcf lunettes. ) Seid , dis-lui qu'elle ne soit pas

fl sauvage. ( H kû prend tca maîna, et h regarde. ) La petite fnpoime !... rtgardea-moi donc , la belle enfdoLHë, hé, hé, hé, hé, hc!

tB gulnare,

SEID

Hé , hé , hé , vous y prenez plaisir , Seigneur ; mais ce n'est rien que cela , son esprit...

IBRAHIM

Je n^aime pas Tesprit , moi.

SEID, à part

Je m'en doutais. (Haut.) Elle possède plusieurs sciences.

Je ne lui demande que celle de me plaire.

SEro.

Au moins le cœur , les talens.

IBRAmH.

Je ne crois pas à l'un , et les autres m'ennuient.

GULNARE , bas , et «'éloignant.

Dès lors , je suis perdue...

SEID

L'aimable seigneur..

IBRAmM.

Allons , allons , revenez , la jolie boudeuse.

(Elle se rapproche , te met en face dlbrahim, et le coiuidère.) £h

bien ! tu ne me dis rien ?

GULNARE

J'ai été tentée de vous répondre... votre âge m^a retenue.

SEID 9 à Ibrahim , et bas.

Le respect! '^

Tu crois qu^clle me respecte .^( A GiAiâré. ) Est-ce vrai ?

OPÉRA-COMIQUE. a;

GUUfAftE.

Autant... qne je vous estime.

SEID, à IbraUm.

C'est joli , ça !

IBRAHIM

Pas md, pas mal ! ( a Guinare. ) £t m'aimeras-to?

GULNABE , s*cflorçant de opntenîr soa mcpns.

Ah! soblime Ibrahim! un homme qpi^ comme TOUS, fait tous les jours ses i]uatre repas ! dort toutes les nuits d^un bon scnnme , se moque de rojnnion de tout le monde— peut-il bien s^abais^r.à.demander de la tendresse à une feiQane.'(Av^4igipU.) Quand il ne croit pas à son cœur.

SKID, à Ditalini.

EDe est piquée. .

IBAAmH, à 5^4.

Romanesque ! romanesque ! eUe parle comme

GULHA&E. .

Ah! si je Tétais!

niRAmM , Wm rcntcndrc

Au £&t, combien cette jeune esclave?

ssm.

Sans TOUS sor&ire d'une obcde... mffle seqoins.

mRAHIM.

HiDe sequins! une esclave... pour ce que j'en fais.

SEOI.

Ou pour ce que tous n^en faites pas... Elle est df cda.

28 GULNARE

IBBÀmM, aux muets.

( Les muetf entourent Gulnare , et T examinent « maif tam trop d'af--

fectation. )

Qu'en dites-vous 9^ VOUS autres? ( lU font des Mgne». ) L'âge ? — seize ans. — La fraîcheur ? — naturelle. —La taille? —parfaite. — Le prix? — trop cher.

. (Uf dUent que non, par figues.) Trop chcr , VOUS dis*je. ( U f e fiche f et iU s^ëloignent. ) AllonS, ciuq CCUtS SequinS,

et pas un denier avec.

J'en ai refuse six cents tout-i-rheure , ti'en parlons plus. (A Gulnare.) Le seigueur Ibrahim plaisante.». Il n'a pas envie d'acheter.

IBRAmM.

Je n'ai pas envie d'acheter, quand j'offre • .. Adieu , Seid , adieu , la belle silencieuse. ( Quand il est près de sortir. ) Que je la revoie ! que je la revoie encore. ( n échappe aux mutt» , et court vers Gulnare ; les muets effrayés le suivent avec tout le bagage , le coussin , la pipe »

le tabouret.) Mais 9 en véritë , c'est que sa vue me fait une impression.

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