‹ Œuvres choisies de MarsollierChapitre 29 sur 219 · D£LY · texte numérisé non relu

D£LY

Qu'oflcs-tu dire ?

GULKABE.

Pardonne ma franchise , je te la doispour prix de tesTertus... j'aime... et puisque tu ne peux me faire èanger , juge de la passion qui msdtrise mon cœur.

BÉLT.

Et pourquoi as-tuYOulu employer tous les prestiges de la séduction ?

GULKARE.

Ils étaient nécessaires... Un mot va t^expliquer ma conduite... et ce qui vaut mieux , la justifier.

DELT.

Jamais.

GULNARE

Daignes m*entendre... La vue de mes faibles at* traits a su t'enflammer ; quelques uns de mes talens t ont séduit ; mon esprit a captivé le tien. Tu ne me connais que depuis un instant y et cependant , conyiens-en , Dély , le moment où tu as pensé me perdre t^a semblé affreux à supporter.

DÉLT.

Je Tavoue.

DJÉLT.

Kh bien , si dès Tenfance accoutumé à me voir, i m^entendre , à m'aimer , ayant éclairé mon esprit , développé mon cœur... si étant à la fois 1 auteur de mes lalens , de mes vertus , les dépenses ^mon éducatian,.le soin de ma félicité, Tenvie de^atisfaire même mes caùrices. avaient dérangé .

52 GULNARE

anéanti ta fortune. . . qu'à ce malheur il s'en joigirît un plus grand encore , la prison d*iHi père chéri , qui , faute d'une somme à laquelle il est coudamné, va périr dans les fers... et qu'enfin m'adorant et sur de mériter mon cœur /le moment arrivât de me voir passer dans les bras d'un autre... d'un autre qui réunit tout pour plaire... Parle , Dély , qae ferais-tu ?

DÉLY.

Ce tableau?...

GULNARE

J'en appelle à ta sincérité , que ferais tu ? réponds moi , réponds de grâce , réponds...

DÉLY.

Je mourrais de rage et de jalousie.

GULNARE , Tivement, montrant Osmin.

Tu viensde prononcer l'arrêt de ce malheureux.

DÉLY.

Gomment!

GUIJNARE j le montrant toujours. Osmin témoigne son envie d'entendre ce qu*elle dit de lui.

Celui que tu crois un marchand , celui qui se désole maintenant et qui m^accuse dUngratitude... c^est mon ami , mon amant , mon bienfaiteur... c^est à lui que je dois tout ce que je vaux. Il lui fallait cinq cents séquins pour sauver son père , Je lui restais seule. « Vends-moi , lui ai-je dit Que » je sois une fois dans ma vie utile à celui qui a » tout fait pour moi !... » Il résistait ; au nom de son père y je Ty ai forcé... ma confiance était tonte dans l'amour et dans le ciel qui connaissait mon

cœur ; je me suis dit : dans cette grande ville il se trouYera peat-étre un homme sensible et délicat*, il semblait que je të devinasse « ô Dély... Ibrahim a pan : j^ai frémi, Tavarice et la dureté étaient peintes sur son visage... je t'ai vu ; Tespérance a lui dans mon cœur... c'est à toi maintenant de m'apprendre si c'est à tort que j^ai osé compter sur toi.

DÉLY.

Ah! Gulnare! qu'exiges-tu?

GULNÂRE.

Jen^ai rien à exiger... je supplie!... ce n'est point à moi de te prescrire les bornes d'une belle action , ni la manière dont tu pourras Texécuter ; je t'en laisse tout Thonneur... Tu balances, Dély, tu balances! tu ne réponds rien!... ah! je le vois , je me sais trompée.

DÉLT, troublé et combattu.

Renoncer à te voir, à t'aimer , à ces preuves si tendres de l'amour !...

Te flatteraient-elles, si elles n'étaient que le prix du devoir et de l'obéissance ?

DÉLT.

Peut-être le temps !

GULNARE

n n'y a point de temps pour moi ; Gulnare ne peut vivre , ni ingrate , ni inconstante... infidèle aujourd'hui , je meurs demain , et Qsmin est vengé.

TOM. u. i

54 GULNARE

DÉLY«

A ce point tu Taime*?

Je te VaA dit ; mon ojenr vaut mieux que ma figijre.

DEL Y f «n plêurft'

Gulnare i

GULNABE , \eê mairi« jointe»,

D(?ly , je t'en conjure. . .

Elle pleure , comme si elle notait pas aâëcz belle! talens, vertus ^ larmes, le ciel ne t'a refuse aucun des moyens de séduire... Jouis de mon désespoir.

Non, mais de ta g<^ndrosit(^ , mon bienfaiteur, mon ami ! . . .

D^LY y «'éloignant.

Ton ami ! cruelle !•«• ce n'est pas à moi que ce

nom appartient,

GULNARR, fe culvant

Tu seras toujours cher à Gulnare , je te le jure

sur cette main^* (Elle «'indîne »ur la main qu'elle mouilf^ de larmef.)

OSMIN , iurSeuv » et échappant à ceus qui le garMent

Cen est trop!... ne la crois pas, Dcly... Ai>prends ipie cette femme , adroite , ingrate , insensible . . .

Tu Taccuses! tombe plutôt à ses genoux...

Gommciit ?

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