D£LY
Qu'oflcs-tu dire ?
GULKABE.
Pardonne ma franchise , je te la doispour prix de tesTertus... j'aime... et puisque tu ne peux me faire èanger , juge de la passion qui msdtrise mon cœur.
BÉLT.
Et pourquoi as-tuYOulu employer tous les prestiges de la séduction ?
GULKARE.
Ils étaient nécessaires... Un mot va t^expliquer ma conduite... et ce qui vaut mieux , la justifier.
DELT.
Jamais.
GULNARE
Daignes m*entendre... La vue de mes faibles at* traits a su t'enflammer ; quelques uns de mes talens t ont séduit ; mon esprit a captivé le tien. Tu ne me connais que depuis un instant y et cependant , conyiens-en , Dély , le moment où tu as pensé me perdre t^a semblé affreux à supporter.
DÉLT.
Je Tavoue.
DJÉLT.
Kh bien , si dès Tenfance accoutumé à me voir, i m^entendre , à m'aimer , ayant éclairé mon esprit , développé mon cœur... si étant à la fois 1 auteur de mes lalens , de mes vertus , les dépenses ^mon éducatian,.le soin de ma félicité, Tenvie de^atisfaire même mes caùrices. avaient dérangé .
52 GULNARE
anéanti ta fortune. . . qu'à ce malheur il s'en joigirît un plus grand encore , la prison d*iHi père chéri , qui , faute d'une somme à laquelle il est coudamné, va périr dans les fers... et qu'enfin m'adorant et sur de mériter mon cœur /le moment arrivât de me voir passer dans les bras d'un autre... d'un autre qui réunit tout pour plaire... Parle , Dély , qae ferais-tu ?
DÉLY.
Ce tableau?...
GULNARE
J'en appelle à ta sincérité , que ferais tu ? réponds moi , réponds de grâce , réponds...
DÉLY.
Je mourrais de rage et de jalousie.
GULNARE , Tivement, montrant Osmin.
Tu viensde prononcer l'arrêt de ce malheureux.
DÉLY.
Gomment!
GUIJNARE j le montrant toujours. Osmin témoigne son envie d'entendre ce qu*elle dit de lui.
Celui que tu crois un marchand , celui qui se désole maintenant et qui m^accuse dUngratitude... c^est mon ami , mon amant , mon bienfaiteur... c^est à lui que je dois tout ce que je vaux. Il lui fallait cinq cents séquins pour sauver son père , Je lui restais seule. « Vends-moi , lui ai-je dit Que » je sois une fois dans ma vie utile à celui qui a » tout fait pour moi !... » Il résistait ; au nom de son père y je Ty ai forcé... ma confiance était tonte dans l'amour et dans le ciel qui connaissait mon
cœur ; je me suis dit : dans cette grande ville il se trouYera peat-étre un homme sensible et délicat*, il semblait que je të devinasse « ô Dély... Ibrahim a pan : j^ai frémi, Tavarice et la dureté étaient peintes sur son visage... je t'ai vu ; Tespérance a lui dans mon cœur... c'est à toi maintenant de m'apprendre si c'est à tort que j^ai osé compter sur toi.
DÉLY.
Ah! Gulnare! qu'exiges-tu?
GULNÂRE.
Jen^ai rien à exiger... je supplie!... ce n'est point à moi de te prescrire les bornes d'une belle action , ni la manière dont tu pourras Texécuter ; je t'en laisse tout Thonneur... Tu balances, Dély, tu balances! tu ne réponds rien!... ah! je le vois , je me sais trompée.
DÉLT, troublé et combattu.
Renoncer à te voir, à t'aimer , à ces preuves si tendres de l'amour !...
Te flatteraient-elles, si elles n'étaient que le prix du devoir et de l'obéissance ?
DÉLT.
Peut-être le temps !
GULNARE
n n'y a point de temps pour moi ; Gulnare ne peut vivre , ni ingrate , ni inconstante... infidèle aujourd'hui , je meurs demain , et Qsmin est vengé.
TOM. u. i
54 GULNARE
DÉLY«
A ce point tu Taime*?
Je te VaA dit ; mon ojenr vaut mieux que ma figijre.
DEL Y f «n plêurft'
Gulnare i
GULNABE , \eê mairi« jointe»,
D(?ly , je t'en conjure. . .
Elle pleure , comme si elle notait pas aâëcz belle! talens, vertus ^ larmes, le ciel ne t'a refuse aucun des moyens de séduire... Jouis de mon désespoir.
Non, mais de ta g<^ndrosit(^ , mon bienfaiteur, mon ami ! . . .
D^LY y «'éloignant.
Ton ami ! cruelle !•«• ce n'est pas à moi que ce
nom appartient,
GULNARR, fe culvant
Tu seras toujours cher à Gulnare , je te le jure
sur cette main^* (Elle «'indîne »ur la main qu'elle mouilf^ de larmef.)
OSMIN , iurSeuv » et échappant à ceus qui le garMent
Cen est trop!... ne la crois pas, Dcly... Ai>prends ipie cette femme , adroite , ingrate , insensible . . .
Tu Taccuses! tombe plutôt à ses genoux...
Gommciit ?