SCÈNE xin
NFXCOUR, ALEXIS.
NEIX^OUB.
Alexis, je t'ai dit que j'attendrais du temps , et de ton amitié le récit des faits très singuliers sans doute y qui t'ont réduit à Tétat ohscur que tu as embrasse... mais je l'avouerai , je désire que ce soit bientôt.
ALEXIS
Vous saurez tout, Monsieur; mais en cette journée, mon cœur... le vôtre... remplis d*une douce joie , doivent craindre de la troubler.
NELCOUR.
J^en ai éprouvé une bien vive tantôt ; oui , je puis te le dire à présent que nous sommes seuls. Le son de ta voix faisait sur moi une impression , que je ne saurais définir , et malgré tout le flfeisir que j'ai toujours à entendre Caroline... j'éprouvais une espèce de contrariété quand vous chantiez ensemble ; j'aurais voulu ne pas perdre un seul de tes accens ; enfin n'entendre que toi.
Il ne tiendra qu'à vous.
NELCOUR.
Oh ! c'est un plaisir que je me procurerai souvent. .
/ ALEXIS
En ce moment même , si vous vouliez...
KO AI.KXIS.
NKWXtlJH,
,lc lie winm piM , ]i' joiiii'iii <lu moins de tca la- K-ufi, pleine )f ne puis encore savoh'fuinimenltii l.v&iViUC()uU.,. ( Ai'iiiifiiniif'viT.) Kh b'mi ?
AMCXIS.
t'Vst qoc \i' voiidnila Irouvitr un :iii' toticliant ; ^U^ vi>.s uirs qui vont au cii^ir... ixii , r'rsL un âi; fl^lt\'lh qiM> je vundraU vous chanter... par «xem- )i1o . tii vtmmii-t: du jeune Urbain ; la connaissez
iiiH, Moiiftieitr?
Non.
NKI/;ot[(t.
AIJtXIA.
("(iKt celle que je wti» lii iiiiouiL..
NKIAMJU.
Kit tiieti! ctianUt-moi la luniana* du jeune lirliiûu ; niai» n^vhUi in'apjHendrji»,.,
MV.MH.
Omî ; dtiîgncxd'at">i'<l inVicuulia',
ItOMANCK.
On iiiHi« racrmitt <]u'aii cillafti*, Hrkaiii «(•riiilitft cl mallM-nrcoii , Kilt à utut'trir 'lé« «oii lui Af(u, |'',|. ilu l'ciiK i|u'il aiwsil Ir iiiii'Uii ; On IV^ilMi OH lu Ai':m:»]/i'ri- , t)w»ul mm eimr âull iiinucciil...
Mi'li"! |tl)ii((iii-
OPÉRA-COMIQUE. io3
Bientôt le l'eune Urbain périt :
Mourant de chagrin, de misère, Le sofI le conduit tout tremblant...
Ah! plaignez bien le pauvre enfant, Car le voilà devant son père. ' , NELCutiB.
Eh bien ! après? ce pore... que fil-îl? il y a sans doute un troisième couplet ?...
ALEXIS
Je ne sais pas le troisième couplet , je pourrai peut-être quelque jour l'apprendre , et alors je TOUS le dirai... .si vous voulez me le permettre... NELCoua.
Cette romance... m'a fait mal!... j'aurais voulu du moins savoir la fin... au reste, on la devine, le père se repent et dit qu'il a eu tort...
ALEXIS
Un père dit-il cela quelquefois?
NELCOUa.
C'est son devoir, dès qu'il connaît sa faute.
ALEXIS
Ah! vous me remetlez sur la voie , et je commence à esp-'rer que je pourrai vous dire un jour le troisième couplet
NELCOIIB.
Parlons de choses moins affligeantes .. de toi...
A LEXIS.
Ce n'est (Uini [iliis<]i] pauvre enfant ?..,
NKI.rOT'R.
in pni'dntqui, j'espère,., ne sera ' je vtius lui faire tanX de bien...
io4 ALEXIS,
, ALEXIS
Ce sera l'heureux enfant alors...
NELCOUR.
Oui , c'est ainsi que je veux qu^on le nomme ; d'abord , sans te demander pre'cisément qui sont tes parens... je suis persuadé qu'ils sont honnêtes. . .
Comme vous. . . je ne puis en faire mieux l'e'loge ...
NLLœUR. (
Bien!... et pourtant tu les as quittes... c'est ton oncle , Ambroise ... {
ALEXIS
Ambroise... n'est pas mon oncle... :
NELCOUR.
Ambroise n'est pas... pourquoi ce mensonge?...
ALEXIS. [p^
Il était nécessaire pour faire fecevoir chez vous Un infortuné qui allait périr de douleur et de be- ^v
soin.
NELCOUR. \i
De besoin, à cet âge; (A part) ah! quelle idée ^
importune ! ( Haut. ) enfin tu as quitté tes parens ?
ALEXIS. 'iij{.
Bien malgré moi, je vous assure... \ I
NELCOUR. pei
Je devine , une folie de jeunesse ;... allons, je $uis indulgent, avoue, il y a de l'amour sur jeu. /if,j
OPÉRA-COMIQUE. io5
ALEXIS
J'aime, il est vrai;... mais croyez que ce n'est pas là . . .
NELCODR.
Et lu veux épouser.
ALEXIS
Ah! si cela se pouvait!...
NEICOUR.
T'aime-t-elle ?
ALEXIS
Quelquefois j'ai osé Tespérer.
NELCOUR.
Eh bien ! c'est une affaire très aisée à arranger, il n'y a peut-être qu'une dota donner, et
je m'en charge.
AL$:xis.
Ah! il se trouve un obstacle bien plus terrible;
NELCOUR.
Lequel ?
ALEXIS
Je vous ai dit que j'avais un père.
Tant mieux ! nous le ferons venir ici , et alors s'il se montre difficile...
ALEXIS
Faut-il vous l'avouer? ce père est bon, ver^ tueux , tendre même... loul le monde le dit ; maïs il ne peut souffrir son fils.
NELCOUR.
Son fils! toi, il te hait; ah! cela n'est pas possible.
io6 ALEXIS,
ALEXIS
Helas! je n'en suis que trop certain;... mais je ne lui en veux pas...
NELCOUR.
C'est bien , très bien , mais il n'en est pas moins coupable.
ALEXIS
Ne l'accusez pas , il a peut-être des raisons...
NELCOTTR,
Des raisons ! tu as donc fait des fautes ?
ALEXIS
S'il le croit.
NELCOUR.
Cela ne suffit pas.
S'il les pardonne , cela revient au même.
NELCOUR.
Non, l'e'quite exige... il faut le faire venir... .je lui dirai... il verra que malgré les justes motifs que j'avais, moi , sans la mort de celui...
ALEXIS
Les justes motifs... ah!
NELCOUR.
Va le chercher, te dis-je, prends ma voiture, mes chevaux, pars à Tinstant...
ALEXIS
Il m'a fait défendre de paraître devant lui.
NELCOUR.
C'est donc un homme bien... écris-lui.
OPÉRA-COMK^UE. ro;
AT.EXIS.
Il ne lit pas mes lettres , et jamais il n ^ a répondu.
NELCOUB.
Jamais! le barbare; (A part.) il ne m'écrivait pas, lui ; ( Haut. ) eh bien , si tu yeux j'écrirai à ton père pour toi.
AIEXtS.
Que de bontés!
NÏLCOtlR.
Dicte-moi ce qu'il faut que je lui marque.
AUSXISn
Moi y vous dicter !
NELCÔUtl. *
£h oui y tu sais mieui[ qu'un autre ce qui peut le toucher. '^
AUXIS.
Le toucher; ah! si vous voulez m'aîder... je sens... • i t. ' I
De tout mon cœur! mais commence, (il se met m
la table , il crrit > Alexis est derrière lui.)
ALEXIS
« Mon père !... mon père !*. . » (il prononce l« seconde
fois avec un accent plus expressif.)
NELCOUB , se retournant.
Tu te trompe^^v ^'cst* mof qui îuî écris.
ALEXIS
Ah! oui ^ j*ai cru'que c'était à 'lui. (If dicte.) « Mon- » sieur » si votre fils a été coupable^. »
NKLCOUK>, ^•arrêtant.
Tu ne Tas pas été -, laWtu dit ?
ALKXIS,
> imporle, iû«oBS-ie lui croire, il serait trop k j^i^dudnr f^*il sai~ait la Toiite.^
lŒIiXirS , lui pr««aot la main.
Trè^ t«ien pesks^ ! Toilà une d Hcatesse dont , 5 ^ e^ smsîlole. Il doit un jour te savoir gré.
Je resfWT-
« Cn?yex aussi qu*il était près de vous une per- :$c<ijie trop întéxessée à lui nuire... »
ITae persouoe !^ il faut la nommer... point de ménagement avec ks médians...
Cette personne n^est plus ^ et je dois respecter ic;:5^u'à la mémoire de ce qu'il a aimé...