‹ Œuvres choisies de MarsollierChapitre 56 sur 219 · ADOLPHE , DE LIMBOURG · texte numérisé non relu

ADOLPHE , DE LIMBOURG

ADOLPHK.

Oui, Monsieur, jVimc à croire que ce n'est qu'une mc^prise... une erreur de nom... El bientôt vous saurez « • .

DK LIMBOURG.

Non ; vous êtes bien drsignd , Adolphe de llumberg. Mais, r^il(*chisse% , ny a-t-il pas quelques motifs secrets P... des dettes , par exemple ?

ADOI^PMK.

Des dettes!... JV9 ai fait beaucoup^*, mais je les ai toutes payées.

DE UMBOURG.

Une affaire d'honneur ? . . .

ADOLPHE

Dix... Dans notre dtatL.. Mais j'ai çu le bonheur de les terminer trOutes sans mériter un reproche.

DE LIMBOrRG.

C'est donc quelques parens de mauvaise humeur P

Je viens d^hériler du dernier. I) ne pourrait y avoir qu'un oncle de ma femme... ministre estimé , respectable , et qui aurait pu... Mais c'est impossible* li faisait grand cas de moi , c'est à lui

OPÉRA-COMIQUE. i35

que je confiais mes chagrins ; il me plaignait , il m'avait même promis un ordre pour qne ma chère moitié* • •

Vous étiez mal avec Madame ?

ADOLPHE

On n'a pas d'idée de ça.

OK LEMBOUHG.

Sa figure n^est peut-être pas ?. . •

ADOLPHE

La plus jolie femme de Berlin... On nous a mariés , je ne sais pourquoi ; nous nous aimicHis pcmrtant , nous nous adorions même , cela a duré six mois ; cela aurait duré toute la vie ; mais bientôt je trouvai un caractère —

DE UMBOUR6.

Altier... dur?. • .

ADOLPHE

Non , non : c'était un assez joli caractère ; mais singidier... bizarre... Et puis une hqmcur...

K UMBOUBG.

Revéche... acariâtre...

ADOLPHE

Non pas , non pas... mais maligne , pétulante... qui variait à chaque instant, et qui... lorsque je lui pariais raison...

DE LIMBOIJ1IG.

Ah ! vous lui pariiez raison !

ADOLPHE , étoDtié im peu.

Quelquefois... Vous avez Tair de rire?

i36 ADOLPHE ET CLARA,

DE UMBOURG.

Je n'ai garde ; mais je pensais qu^à l'âge que vous aviez tous deux , elle trouvait peut-être extraordinaire que vous lui parlassiez raison , quand elle n*aurait voulu parler que d*amour...

ADOIiPHE.

Non , Monsieur , elle ne m'aimait pas... elle ne m'écoutait pas... elle me contrariait sans cesse... Occupée , à chaque instant , de bals , de fêtes , de parure, elle me laissait souvent des jours .entiers sans que je pusse la rejoindre ; elle me grondait si je parlais à une jolie femme ; elle me boudait si je la louais devant elle ; elle avait Fair d'écouter, avec plaisir, les sots propos des jeunes étourdis qui Tentouraient. . . Enfin, Monsieur, le croiriez-vous? elle a fini par vouloir un appartement séparé... Oui , Monsieur , séparé ; et depuis ce moment là... ( II luî parle à PoreUle. ) Ce qUC je VOUS dis CSt

l'exacte vérité...

Mais voilà des choses affreuses... Dès-lors c'est une femme à ne pas regretter; je vois qu'elle est , à la fois , coquette , méchante , et peut-être encore...

ADOLPHE

Non : oh! non !... Il faut lui rendre justice , jamais rien dans sa conduite...

DE UMBOURG.

A la bonne heure. Mais, malgré cela , c'est une femme avec laquelle vous ne pon- — ^

OPÉRA-COxMIQUE. 137

et c'est toujours un grand avantage pour vous que d'en être sépare*

ADOLPHE

Oui, c'est même une espèce de consolation.

< Riant.) Il aurait mieux valu pourtant que ce fut elle qu'on eut amenée ici.

I^ LIMBOURG

J'entends bien ;'mais, consolez-vous... J'écrirai au ministre , et je lui ferai ou^Tir les yeux.

ADOLPHE , arec affection.

Bien obligé ! . . .

Je ne désespère pas même que votre femme ne >denne prendre ici votre place.

ADOLPHE

Ah ! ce serait bien heureux !

DE LIMBOURG

En attendant , vous jouirez d'une honnête liberté ; le jardin est grand , les ombrages* frais . . . Un peu de société dans l'intérieur; entre autre une très jeune , très douce personne, arrivée aujourd'hui.

ADOLPHE

Une jeune femme, *vous dites?:., jolie, sans doute ! . . . .

DE LIMBOURG

' Très bonne , très sensible. *

ADOLPHE

. Ah! c'est charmant cela : cette pauvre petite , Un mari jaloux. . .

i38 ADOLPHE ET CLARA,

DE UMBOUBG.

Oui y quelque chose comme cela. Vous pourrez la voir... Elle va descendre.

ADOLPHE

Tout-à-rhem'e ?... Je serais bien flatte de... de faire sa connaissance,

DE UMBOtJRC^.

Mais j'espère que vous vous conduiifez avec elle... et puis, vous êtes si chagrin, èi malheureux , si raisonnable . . .

ADOLPHE

Oh ! trop , trop pour mon âge... Elle ne descend pas. (Se remettant.) Ce n'cst pas que je sois presse. . .

DE UMBOUBG.

Je le vois bieii ; mais il faut que j'aille vaquer à mes nombreuses occupations , je vous laisse ; et , si cette dame vient , vous voudrez bien , )usqu'au souper , lui tenir compagnie.

ADOLPHE

De tout mon cœur...

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