BA1X>DAB]X
Et bien \ allâtes-Tons dans le bosquet avec lui ?
ISABELLE
Je ne m'en souviens pas precisëment ; mais tout ce que je sais. . . cW qu'il ne mocntit pas^
C'est bien heureux! Et enfin, qu^est devemi cet amant qui pleure avec de si lieaux yeux , et qui ne moaral pas?
ISABELU.
11 est parti pour Tarmée.
OPÉRA'COMIQUE. au
BALOUARB.
Le ciel soit loué ! vous êtes donc libre enfin ?
ISABEIXE.
Ah ! ah ! libre ! . . . comme ça.
BAIOUABD.
Comment! con^ne ça... Mais votre oncle va vous marier?
ISABELLE
Je le sais , je le sais bien ; et c^est embarrassant, fort embarrassant !-
BAL0tIA{iD.
Pourquoi ?
ISABELLE
C'est que je lui ai ëcrit à ce jeune homme si charmant , de venir me trouver ; du moins si Ton est malheureux en ménage , on se voit encore avec plaisir : cela console , cela fait une petite société.
BALOUARn.
Une petite société ! Ah ! il vous faut une petite société ?
ISAWLLE.
Sans compter que si mon mari faisait le méchant , mon jeune ami prendrait ma défense , et saurait bien le . . .
( Elle fait le geste de battre. ) BALC);ǫARD.
Ah ! il saurait bien le . . • (A part.) C'est fort honnête, et tout-à-fait engageant! Adieu tous les petits Balouards ! Monsieur Pandolphe , vous pouvez garder votre nièce.
aïs L'IRATO,
ISABELLE
Mais qu'avez -vous ? Que soupçonnez - vous ?
Pourriez-vous craindre que ma vertu , mes principes , mon honneur . . . Ah ! si je le croyais ! si je le croyais! Mais non, vous me rendez justice !.,. Et vous faites bien... Car, mon cher docteur!..,
RONDEAU
J'ai de la raison ;
J'aime la sagesse*;
Et dans la saison
D'une dôucQ ivresse ,
Je sens bien qu'il faut
Résister sans cesse ;
Car une faiblesse
Arrive sitôt!
Dans le précipice
Ouvert sous ses pas ,
Ij3l pauvrette glisse ' • *
Et n'en revient pas.
Je crains de me rendre ;
Mais avec un cœur
Qu'amour fit si tendre !.,.
Contre un séducteur
Qui sait bien s'y prendre ,* '
Comment se défendre?
Ah ! mon cher docteur !
Comment se défendre P
C'est un grand tourment.
Vous devez m'en tendre !
M'entendre ! Et pourtant
J'ai de la raison , etc.
J'adore les plaisirs ;
Je suis tous mes désirs : ' ^''
OPÉRA-COMIQUE. 2i3
Je chéris la scène lyrique , Je charte et la nuit et le jour , Et quand je ne fais pas Tamour , Je fais au moins de la musique.
Tantôt dans un jour de gaieté D^un pied léger je marque la cadence ; Rien ne sied mieux k la beauté Que les mouvemens de la danse.
J'ai de la raison , etc.
BALOITABD, à part.
Voilà une petite effrontée qui mëriteraît... Et moi , qui voulais l'épouser !... Oh ! )e Tais dire à Pandolphe que jamais... Bon ! le voici.