SCÈNE XIV
LYSANDRE
Voilà certainement une belle bccasioTi pôut ihe désespérer. C'est dommage que je n'y sois pa& porté dHnclînation. Cependant, la décence... la sensibilité exigent que je me livre en ce moment i quelques petites inquiétudes sur le sort qui m'attend , car enfin , s'ij arrivait., si le docteur... si ma maîtresse... si tous deux!... Ah! la sedle idée m'en fait frémir d'horreur!
COUPLETS
Si je perdais mon Isabelle , Hélas ! qliel serait ition cfaagrin 1 Est-ce du soir au lendemain Qu'on peut trouver une autre belle?
Ob ! mon dieu , non ; c'est impossible ! Eh bien ! dans ces occasions-là , que fait-on ? Ce qu'on fait ?
On peut percer son tendre cœur, On peut se noyer ou se pendre...
Ou bien encore on peut attendre ,
Afin .le mourir <k- douleur.
On attend! .lo Cbmpte ,
OPÉRA-COMIQUE. 2«i
Od ne peut pas vivre d^amour, Et sans argent qofe vals-je faire ?
Faire ? Mais il n'y a rien de plus simple ,'rien de plus naturel.
•te puis percer mon tendre cœur , J^e puis me noyer ou me pendre...
Ou bien j^ puis encore attendre , Afin de mourir de douleur.
J*en conviens ; liiais enfin , mettons le^ choses au pis. J'épouse Isabelle... oui , mais. . .
Si Thymen à ma chère amante M'unit par les nœuds les plus doux , Et qu'lin jour trompant son époux , Isabelle soit inconstante ! . . .
Ah! ciel! dieux! grands dieux! j'en frémis!
alors il n'y a plus à balancer ; je ne ferai ni uii ni deux.
«rirai percer mon tendre cœur , J'irai me noyer ou me pendre ,* Ou je pourrai fort bien attendre f Afin de mourir de doulenn