‹ Œuvres choisies de MassillonChapitre 1 sur 74 · OF OXFORD · texte numérisé non relu

OF OXFORD

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Après certaines variations , certaines hésitations passagères de l'opinion , Massillon a désormais sa place marquée parmi les orateurs chrétiens dont la gloire ne saurait plus ni périr ni diminuer.

On raconte que fiourdaloue voulut entendre Massillon débuter à Notre-Dame de Paris. Le célèbre jésuite fut si satisfait, que, voyant le nouveau prédicateur descendre de la chaire, il l'indiqua du doigt à plusieurs de ses confrères, en leur disant, comme Jean-Baptiste à ses disciples qui l'interrogeaient sur le Messie, dont il n'était que le précurseur : Illam oportet crescere, me aulem minui!

Massillon était très-digne de succéder à Bourdaloue , mais par des mérites bien différents. Le glorieux titre de Massillon est d'avoir admirablement su employer les grands ressorts de rémotion et du pathétique, et de s'être montré, entre tous les moralistes et psychologues, un de ceux qui sont entrés le plus avant dans le cœur de Thomme, sans compter le mérite I. 4

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d'avoir possédé toutes les grâces du tour et de Pexpression, et renchantement du nombre et de l'harmonie.

Jean-Baptiste Massillon naquit à Hyères , en Provence , Ki 24 juin 1663, de François Massillon, notaire. Doué de Tespritet du naturel le plus heureux, il lit ses premières études à Marseille, chez les prêtres deTOratoire. Enfant, dit-on, son plus grand plaisir était de rassembler autour de lui ses condisciples et de leur répéter ou de leur refaire les discours qu'ils venaient d'entendre. Il entra dans la congrégation de FOratoire, à Aix, le 10 octobre 1661, et alla faire. Tannée suivante, sa théologie à Arles.

Suivant l'usage de l'Oratoire , il fit quelque temps les fonctions de régent dans différents collèges, à Pézénas, à Montbrison , à Vienne. Il avait lui-même sollicité cet emploi laborieux. On a une lettre de lui au révérend père Abel de Sainte-Marthe, général de l'Oratoire, du 17 août 1689, où Ton trouve ces remarquables paroles :

N Je considère que Je ne suis dans la congrégation que pour ètve utile; et comme mon talent et mon inclination m*éloignent de la chaire, J*ai cru qn*une philosophie ou une théologie me conviendroit mieux.> »

Pendant assez longtemps il devait fuir l'occasion de monter dans cette tribune sacrée, où l'attendaient de si brillants succès.

Il fut ordonné en 1693 ; il professait alors la théologie à Vienne. Lors de la mort de l'archevêque de cette ville, Henri de Villare , en 1693 , il fut chargé de prononcer son oraison funèbre, qu'on goûta beaucoup, malgré s» médiocrité.

En 1698, il prononça de même à Lyon l'oraison funèbre de l'archevêque Camille de Neuville de Villeroi , par laquelle il commença décidément à se faire un nom dans le monde parmi les orateurs. Mais, fuyant le succès qui venait le chercher comme malgré lui, et craignant le démon de V orgueil, il alla, dit-on, s'ensevelir dans l'abbaye de Sept-Fonts, où Ton suivait la môme règle qu'à la Trappe, et y prit l'habit. Il dut bientôt le quitter par ordre du cardinal de Noailles , qui , suivant un

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