‹ Œuvres choisies de MassillonChapitre 9 sur 74 · I. Mém, ile Saint-Simon, édition Chéruel, X, ch. v, p · texte numérisé non relu

I. Mém, ile Saint-Simon, édition Chéruel, X, ch. v, p

chantes émurent sensiblement Tauditoire, qui manifesta par des regrets unanimes son admiration pour un si beau talent , relégué désormais dans les montagnes de TAuvergne. > »

Il fut reçu à 1* Académie française le 23 février 1719, à la place de Tabbé de Louvois, avec lequel il avait été lié d'amitié dès la jeunesse , et qui avait d'abord été destiné par Louis XIV à révéché de Glermont, qu'il refusa, circonstance queMassillon rappela dans son discours de réception, quand il dit:

« Sa modestie m'a élevé à une place que le choix du prince lui avoit d*abord destinée. Je ne m'attendois pas que sa mort me préparât celle que son mérite lui ayoit acquise depuis longtemps parmi vous. »

Le discours que Massillon prononça le jour de sa réception • à l'Académie compte parmi les plus remarquables de ce genre par la solidité des pensées et la beauté sobre du style. L'orateur y trace un éloquent tableau de la corruption du goût, qui régnait jusque dans la chaire avant la naissance de l'Académie.

L'abbé Fleury, dans une réponse également solide, entretint surtout son nouveau confrère des devoirs rigoureux que Fépiscopat lui imposait. Les devoirs de l'académicien, remarque d'Alembert, disparurent entièrement à ses yeux : loin d'inviter le récipiendaire à l'assiduité, il ne l'exhorta qu'à une absence éternelle; et, ce qui rendait le conseil plus sévère encore, il le revêtit de la forme obligeante des regrets les plus fortement exprimés : Nous prévoyons avec douleur, lui dit-il, que nous allons vous perdre pour jamais, et que la loi indispensable de la résidence va vous enlever sans retour à nos assemblées; nous ne pouvons plus espérer de vous voir que dans les moments oxi quelque affaire fâcheuse vous arrachera malgré vous à votre Église. Ce conseil , dit encore d'Alembert, fut d'autant plus

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