‹ Œuvres choisies de P. ArétinChapitre 100 sur 218 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

PARABOLAN , ROSSO.

PARAROLAN. D'où vjens-tu ?

ROSSO. De Campo di fiore^\

PARABOLAN. Qui était avec toi?

ROSSO. Le Frappa, le Squarda, le Tartaglia et le Targa *' ; et j'ai lu le placard que don Cirimonia de Moncada adresse au seigneur Lindezza de Valence. Puis, je suivis la rue de la Pace, et je vis la dame qui parlait d'aller à je ne sais quelle vigne*'. Je fus sur le point de donner deux coups de couteau à celui qui parlait avec elle, meis je me retins.

PARABOLAN. Une autre flamme brûle mon cœur.

ROSSO. Si j^étais femme, je me jetterais dans le feu plutôt que d'en donner une étincelle à un seigneur. (1 y a deux jours vous vous pâmiez pour elle, et maintenant elle vous puel... Enfin les seigneurs ne savent vraiment pas ce quMIs veulent.

PARABOLAN. Nc bavardc plus ; prends ces dix écus , achètes-en des lamproies, et porte-les en présent à ce gentilhomme siennois qui loge dans la maison de Ceccotto.

ROSso. Ce fou ?

PARABOLAN. Fou, OU sagc, tu iras le trouver ; car tu sais bien Fhonorable accueil qui me fut fait à Sienne dans sa maison.

ROSSO. Il valait mieux lui donner deux petits chiens.

PARABOLAN. Sont-ils bous à manger, les chiens, pécore?

ROSSO. Quatre artichauts feraient un assez beau présent. ' PARABOLAN. OÙ sout Ics artichauts dans cette saison ?

ROSSO. Faites-les pousser.

PARABOLAN.ya,achètecequeje t^aidit; dis-lui qu'il mange ces lamproies pour Tamour de moi, et que je renverrai visiter demain, parce qu^aujourd^hui je suis fort occupé au palais.

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