‹ Œuvres choisies de P. ArétinChapitre 12 sur 218 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

POLIDORO, RÂDIGCHIO.

poLiDORo. Sent-on que je suis couvert et arrosé d'eaux et de poudres odoriférantes ?

RADiccHio. Les enrhumés mêmes le jureraient.

FOLiDORo. Que te senible-t-il du divin et plus que céleste >isage de ma dame ?

KADiccHio. Parfait.

poLiDORO. Âs-lu observé sur ses joues lactées celle rougeur changeante, que la pudeur ou plutôt Tamoureux désir y répand?

RADiccuio. Je ne regarde pas si minutieusement.

poLiDono. De l'arrangement de ses paroles si bien trouvées, sort un reprit qui énfieut : tellement que, dans leur conlexlure,

on sent iijif àiue, i|ui, en verlii de leur son ungpliijue, rwvil Ifs i-œurs des gens qui l'écoiiCenl.

itAOïccuio. Je mus crois en loules choses... Mais, (|uanl k mon goilt, tout est niaiserie, excepté les grosses joues cramoisies de lelle el lelle serranle... Ces joues-là, aidées de leur bonne volonté, et de ces épices avec lesquelles on fuit les pâtisseries", mettraient enrulles disciplines des capucins.. J'ajouterai i)ue, pour l'amour d'elles, on n'a point à pleurer, ni à soupirer, ni â se uonsumer, en attendant le temps et l'heure; on n'a )ioint à monter ensuite par des échelles de corde, et sur les toits, BU risi|ue d'êlre brieé en morceaux , ou enfermé dans une barriiiue, ou brûlé dans du foin (c'est là (|ue se cachent iiuelquefois des fous liefTés...) Il n'est point de galanterie dans tout Chiara d'Adda'", à laquelle il soit possible de comparer le plaisir extrême que l'on goûte avec le bon amour et le bon cœur d'une de ces aimables filleiles.

POUDono. Fi donc !

RiDKCHto. J'entre en extase toutes les fois (|ue je m'ébals F#vec elles, quand.... el cwlera!

P0LU)0B0, Tu me donnes des uBusées !

KADiccHio. Oh ! comme elle^ se présentent bien en corset blaac, en jupon azur, et en saie verte ! Auprès d'elles, les du- Diaa, les satins, les velours, ne valent pasun iagaro'".

poLiuOHo. Gros fou!

BAutccnio. Ces petites mules l'ouges, qu'elles portent les dimanches, leur luisent aux pieds... Miséricorde!

poLiDOBO. Ah! Ah!

RADiccuio. Il y en Q mainte qui lerait faire une folie à sa maîtresse, si celle-ciétaitun homme!... Oh! comn I h puises blanches leur vont bien sur le dus!... Plùl 11 u q cela dépendit de moi! Je les ferais comtesses.,. Je n p

seulement imaginer comment elles portent de lu h les os, et des membres sur le corps !... Quels tel n qu 1 hras, quelles lèvres, quelles deats, quelle langue, ] Il h loine !...

roLiiiuRU. l,c philiisoplic piiiail Allous-Liuus-tMioitiiïw^-

Page 1