GRILLO
zoppiNO. Veux-tu porter un mort au cimetière ?
MACO. Oui, car j'y suis allé...
zoppiMO. Goinine le pain n'est pas cher, vous autres marauds, vous ne voulez pas prendre de peine.
MACO. Non, je ne veux pas prendre de peine, si ce n'est avec la valise de madame.
ANDRÉ. Salue ce gentilhomme, portefaix.
MACO. Vous ne me reconnaissez pas, maître?
ANDRÉ. Que le chancre te mange! Qui es-tu?
MACO. Ob, Dieu ! Je ne suis plus moi depuis que je porte ces tiabits **•!... Grillo, nfe suis-je pas ton maître?
GRiLLO. Par le corps de celui que je ne renie pas, je veux te tuer t
ZOPPINO. Laissez aller cet âne. Je lui en ferai porter, quand Il en devrait crever. 11 a été publié un ban , d'après lequel [|uiconque saurait découvrir, sinon prendre , certain messire Maco, venu à Rome sans passe-port , comme un espion, doit, sous peine de mort****, le livrer au gouverneur, et Ton pense [jne celui-ci veut le châtrer.
GRILLO. Hélas!
ANDRÉ. N'ayez pas peur; car nous mettrons vos habits à L^e portefaix; et le bargello, croyant que c'est messire Maco, l'arrêtera et le châtrera à votre place.
MACO. Je suis portefaix ! je suis portefaix ! Je ne suis pas messire Maco. Au secours ! au secours !
ZOPPINO. Arrête ! arrête ! A l'espion ! au traître ! Ah ! Ah ! Cours-lai après, Grillo, de peur que cela ne fniisse mal , ou bien que quelque banquier ne soit son parent et nous garde ensuite de la haine. Il me semble le voir, comme une grosse chouette, au milieu des comptoirs, avec un tas de gausseurs autour de lui , lesquels se réjouissent d'une pareille mystification.
\^i LA ppUHTISANÇ.