‹ Œuvres choisies de P. ArétinChapitre 143 sur 218 · ACTE liij SCÈNE lll · texte numérisé non relu

ACTE liij SCÈNE lll

ALYiGiA. Laisse-m'en donc le soin.

R0S80. Voici mon mattre. Vois avec quel air rechigné il regarde le ciel, les mains croisées, se mord le doigt et se gratte la tête. Il paraît proprement un homme qui blasphème au fond du cœur.

ALViGiA. Symptômes d'amour.

Rosso. Oh! quelles grosses bêtes que ces difficiles^, qui toujours s'amourachent de princesses**!... Je pense que c'est une énorme fatigue que d'obtenir les faveurs d'une noble dame... Et ceux qui se vantent d'avoir fait ci, d'avoir dit ça, avec madame une telle, et avec madame une telle, se dédommagent à la fin avec quelque gueuse^.

ALviGiÂ. Certainement c'est une fatigue... Non pas qu'elles soient toutes du même poil, et que cela ne plaise pas à foutes : mais l'une se retient par peur, l'autre par vergogne ; celle-ci , parce qu'elle est surveillée; celle-là, par paresse... Et leur amour n'a jamais, pour se contenter, que quelque domestique ou quelque habitué'' de la maison, et cela seulement parce que c'est commode.

ROSSO. Et les pédagogues encore en vont becquetant quelqu'une ; car, lils , frères et servantes ne leur suffisant point , souvent, souvent ils en font porter au mari de la dame du iogis.

ALviGu. Ah! ah... Monseigneur nous a vus.

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