‹ Œuvres choisies de P. ArétinChapitre 157 sur 218 · ACTE 111, SCÈNE X · texte numérisé non relu

ACTE 111, SCÈNE X

AMORÉ. Par ua trou.

MACO. Large, ou étroit ?

ANDRÉ. Large comme un four.

MACO. Qu'y vient-on faire?

ANDRÉ. Y vivre.

MACO. Comment y vit-on?

ANDRÉ. En mangeant et en buvant.

Maco. J'y vivrai donc, parce que je mange comme un loup, et bois comme un cheval; oui, par ma foi, j'en jure Dieu'*. Ilaiif que fait-on quand on a vécu ?

ANDRÉ. On meurt dans son trou, comme meurent les araignées^

MACO. Ne sommes-nous point tous fils d^aller et de ça ira '• ?

ANDRÉ. Tous d'Adam et d'Eve, mon macearone sans sel, ' sans fromage et sans feu !

• MACO. Je pense qu'il sera bon de me faire courtisan à l'aide d^un moule ; et je l'ai rêvé cette nuit, et puis Grillo me l'a dit.

ANDRÉ. Vous parlez mieux que ne fait un cancre qui a deux bouches Et, afin que votre seigneurie le sache, les bombardes mêmes, tes cloches, les tours, se font avec des moules.

MACO. Je croyais que les tours naissaient, comme elles sont nées à Sienne".

ANDRÉ. Vous vous trompiez grossièrement.

MACO. Me ferai-je bien?

ANÀRÉ. Très-bien.

MACO. Pourquoi?

ANDRÉ. Parce qu'il y a moins de fatigue à faire un homme qu'à faire une bombarde... Mais, puisque vous avez trouvé un si bon expédient, dépêchons-nous.

MACO. Allons ;^B.T je veux me mettre au moule aujourd'hui, eu crever.

Page 1