ACTE IV, SCÈNE VI
Hosso. Poisons, et le reste ^^..
PARABOLAN. Cooiment, poisons, el le reste?...
Rosso. Poison qu'il a acheté, et eœtera.
PARABOLAN. Cecl est un cas pendable.
ROSSO. Putains, et jeunes garçons, et jeux.
PARABOLAN. Qup t'cu Semble?
ROSso. Il fait des contes sur votre parenté et sur votre tante.
PARABOLAN. Eucorc ccla par-dessus le marché!
ROSSO. 11 dit que vous le faites souffrir.
PARABOLAN. Autant dc serviteurs, autant d^ennemis.
ROSSO. 11 VOUS accuse d^ètre ignorant, ingrat, et envieux.
PARABOLAN. Il mcut par la goi^geî... Tu prendras la direction de toutes mes affaires.
ROSSO. Je ne suis point capable, mais je serai fîdèle... Quant au surplus, je pense que je ne le cède à personne**... Maintenant, s'il est coupable, punissez-le, il suffît... Alvigia fera son devoir... Mais, que direz-vous à la dame, en Fabordant?
PARABOLAN. Quc lui dirais-tu, toi?
HOSSO. Je parlerais avec les mains.
PARABOLAN. Ah I ah ! ah !
ROSSO. C'est une trahison, qu'elle ne vous voie point aux lumières.
'- PARABOLAN. Pourquoi?
ROSSO. Parce que, à dire vrai, où trouve-t-on votre pareil? Quels yeux, quels sourcils attrayants ! quelles lèvres ! quelles dents ! et quelle haleine! Votre seigneurie a une grâce admirable Et je ne dis point cela pour vous flatter... je jure
Dieu que, quand vous passez dans la rue, les femmes sont sur lé point de se jeter par les fenêtres... Ah! pourquoi ne suis-je point femme?
* PARABOLAN. Quc fcrais-tu, si tu étais femme?
ROSSO. Je vous attirerais à moi, ou je mourrais.
PARABOLAN. Ah ! ah ! ah !
ROSSO. Si votre seigneurie veut chevaucher, la mule doit être prête.
PARABOLAN. Je vcux faire un peu d'exetckvi.
ALViGiA. Veux-tu briser ma porte?
Rosso. Ouvf e, car je suis le Rosso.
ALVIGIA. J^ai cru que lu voulais enfonper ma porte.
ROSSO. Que faisais-tu?..^ quelque sortilège?
ALVIGIA. Je faisais sécher à Tombre certaines racines, qiK Ton ne peut nommer, et j^avais les alambics dans le'fountttt pour faire deTeau-de-vie.
Rosso. Lui as-tu parlé ?
ALVIGIA. Oui, mais...
Rosso. Que veut dire cette réticence *^ ?
ALVIGIA. Son mari, bouc jaloux...
ROSSO. Quoi ! s'en est-il aperçu?
ALVIGIA. il s'en est aperçu, et il ne s'en est pas aperça.' AI tandem^ elle viendra.
ROSSo. Parle en langue vulgaire ; car ton tamen^ ton D«f*« gratia Qi ion al tandem^ un maître d'arithmétique ne** 1« entendrait point.
ALVIGIA. Elle a besoin de parler ainsi, celle qui ne veut point être regardée comme une coquine. Retourne au seigneur, et dis-lui qu'il vienne à sept heures et un quarf.
Rosso. Un baiser, reine des impératrices, et couronne des couronnes !... car Rome sans toi serait pis qu'ua pulls sans eau... Et je le ferai venir cito^ omnino^ et infallanler...'^^ semble-t-il que j'en sache aussi, moi ?
ALVIGIA. Quel fou !
ROSSO. Va, retourne à tes fourneaux. Cependant penf" rai-je rencontrer mon maître ? tantôt il est en haut, iantAl** bas, tantôt dedans, tantôt dehors, car ce fripon d'attiour k fait tourner comnie une roue **'.
ALVIGIA. Tu as entendu.