SCÈNE XVII
MAtTRF: ANDRÉ. MESSIIŒ MACO, MAITRE MEHCUIUO, avec un miroir qui montre le visage contrefait.
AM>Ri%. « A la garde de Dieu ! car peu de sens suffit », dit la vise que tient écrite le Todeschino sur sa rondache^*.
MAGO: Oh ! le beau, le divin courtisan que je suis !...* ^
NERCuRio. En mille ans, on n'en ferait point un autre.
MAGO. Je veux me tenir sur mon quant à moi, maintenant que je me sens devenu courtisan.
ANDRÉ. Mirez- vous un peu, et ne faites point les folies que lit sire Narcisse.
MAGO. Je me mirerai le visage» donnez... ^h ! quel tourooiept j'ai souffert !.... J'aimerais mieux accoucher, qu'être misiu moule.
ANDRÉ. Regardez-vous donc une fois; ^
NACo. ODieu! ô seigneur Dieu ! je suis défiguré!... Ah! ' voleurs, rendez-moi mon visage, rendez-moi ma tête, mes cheveux, mon nez !... Oh ! quelle bouche !... hélas ! ifuels yeux !... Commendo spiritum meum,
MERGURio. Levez-vous... Ce sont des frissons et des vapeurs j qui vous obscurcissent le cerveau.
ANDRÉ. Mirez-vous, et vous verrez que ç*a été un acciaent.
MAGO. Je me regarde. {Tenant le miroir m'ai à la main.) . Ah ! je sors de ce cauchemar !.. . Le miroir à présent me mon- \ tre tel que je suis **. j
ANDRÉ. Votre seigneurie nous a tiré une carotte, en disant ' que vous étiez défiguré.
MAGO. Je me remets**, je suis vivant, je suis moi... Et je veux maintenant être tout Rome ; je veux écorcher le gouverneur, qui me faisait chercher par le prévôt... Je veux blasphémer, je veux porter des armes, je veux posséder toutçs les dames... Allez-vous-en, médecin!... Notre putain, votre putain !... Eloigne-toi, maître ; car, par le corps!... Tu ne me reconnais pas, maintenant que je suis courtisan? Ah I...
MERGURIO. Je me recommande ù votre seigneurie... Au revoir.
ANDRÉ. Ah ! ah ! ah!
Mtco. Je veux être aujourd'hui évéque, demain cardinal, et ce soir pape !... Tu vois la maison de la Gamilia? frappe fort