ACTE V, SCÈNE XVI
due, ruinée! malheureuse que je suis !... Tais-toi... hélas I le roaitre hausse la voix... Nous sommes découverts... Je mérite tout ce qui m'arrivera, puisque je me suis laissé mettre dans un pareil guêpier par un coquin comme toi.
Rosso. Reste tranquille ; je veux entendre, ce qu'il dit.
ALYiGiA. Prête Poreille à la porte.,
ROSso. Je le fais.
ALviGiA. .Que dit-il ?
ROSso. « Vache! truie !... Coquin ! traître !... Ruffienne ! voleuse! »
ALVIGIA. A qui dit-il cela ?
ROSSO. 11 dit : « Vache, truie »^ à la Togna ; « coquin, traître », c'est pour le Rosso ; « ruffienne, voleuse », pour Alvigia.
ALVIGIA. Maudit soit le jour où je te connus!
ROSSO. Il dit qu'il veut la faire fouetter, elle ; te faire brûler, toi ; et me faire pendre... Au revoir !
ALVIGIA. Tu fuis, lâche!... Je mérite bien ceci, et pis... Je fais vœu, si je me sauve de cette esclandre, de jeûner tous les vendredis de mars; je veux visiter les sept églises '*^ dix fois par mois ; je veux aller pieds nus à Sainte-Marie del Popolo ; je promets de faire delà tisane aux incurables ; je veux, pondant un an, donner des clystères aux malades de Saint-Jean ^^ ; je veux faire le service aux Converties ; je veux laver le linge à l'hôpital de la Consolation huit jours pour rien... Et, si j'ai trompé les saints quelquefois, je ne les tromperai plus... Bienheureux ange Raphaël, je te conjure, par tes ailes, de venir à mon aide! Messirc saint Tobie, je te conjure, par ton poisson, de me préserver du bûcher î... Messire saint Julien, sauve-moi par les mérites de ton oraison ! En atlendanlje vais me cacher dans mon logis.