SCÈNE m
LISA, seule.
Je n'ai pas eu plutôt vu les emhrassades de TuUia, qui faisait semblant de ne pouvoir dire une parole par tendresse fraternelle, que j'ai dit en moi-même : < Je te devine, et tu en veux venir là !... » Ensuite, elle l'a fait asseoir à son côté, et en moins de rien elle s'est jetée à son cou, en collant son visage au sien, et s'est assise sur ses genoux. Elle lui a fait prendre quelques fruits confits ', et boire une petite goutte, si peu d'envie qu'il en eût; puis, elle lui conte tant de choses sur ses revenus, sur la race ducale dont elle se dit, qu'on entend le cœur du pauvre garçon bondir de joie dans sa poitrine... Elle lui offre six et huit cents écus, au cas où il en aurait besoin... Elle jure qu'elle a le portrait de son père; et lui, qui pourtant est Pérugin et non Siennois, endormi par cette langue qui ne s'arrête pas entre les dents, s'est laissé prendre la cape et retenir à souper et à coucher ; alors, afin que ses compagnons , lui dit-elle, ne rallcndent point, elle feint de m'envoyer leur dire (pi'ils peuvent souper sans lui, et nie fait' aller, pour celle nuit, chezifa commère... Mais quels sbires sont-cc là?