‹ Œuvres choisies de P. ArétinChapitre 40 sur 218 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

POLIDORO , RADICCHIO.

POLIDORO. Va, cours sur la place , el sache me dire quelle heure il est.

RADICCHIO. Il y a loin de Theure d'à présent à celle du rendez-vous qu'on vous a donné.

POLIDORO. Celui qui fut Tinventeur du retard se complut sans doute à faire mourir d'ennui ceux qui attendent !

RADiccmo. Qui rinvenla n'avait point de hâte, commeeo eut celui qui imagina de courir la poste, parce que cela lui parut plus commode que l'amble d'une haquenée... Et il ne s'aperçut point que, en courant la poste, les boyaux jouent du psaltérion , et que, sur la haquenée, ils ne dansent jamais, dit le sonnet**^.

POLIDORO. Jamais le Temps ne s'amusa autant sur sa route qu*il s'amuse à présent.

RADICCHIO. Pourvu qu'il ne lui soit point entré d'épine dans le pied.

POLIDORO. Et il passe son chemin tout doucement.

RADICCHIO. Si les années paraissaient aussi longues à ceux qui logent dans les maisons, que les heures vous le semblent, à vous, ils ne se fâcheraient point de payer le loyer.

POLIDORO. Comparaison vulgaire !

RADICCHIO. L'amour des servantes ne me parait pas encore de bon aloi.

POLIDORO. Vraiment, là!

RADiccwo. Je veux vous dire une chose, pourvu que vous juriez de me faire deux grâces ; savoir : de mêla pardonner, et de la tenir secrète.

POLIDORO. Je t'en donne ma foi.

RADICCHIO. Moi, entre le làisse-moi tranquille et \e je ne veux pas ^ y 0.1 donné un baiser à celle-là...

POLIDORO. Que dis-tu I

RADICCHIO. Celle... Vous m'entendez?

POLIDORO. Non, que je sache.

RADICCHIO. La ménagère de la...

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