‹ Œuvres choisies de P. ArétinChapitre 51 sur 218 · SCÈNE XV · texte numérisé non relu

SCÈNE XV

POLIDORO, RADICCHIO.

POLIDORO. La première heure qui sounera doit mettre le comble à ma joie : alors ces bienheureux bras entoureront le cou sacré de mon idole terrestre !... Mais je crains ce je ne sais quoi qui est toujours dans le cœur des amants ; je le crains comme une chose mise entre le gant et la main ^'.

RADKXHio. Voilà pourquoi il est plus vrai que vous devriez songer seulement à tirer à vous quelqu^ine de nos servantes ; parce qu'en essayer une ainsi par hasard, c'est comme noordre, quand on a faim, dans une belle et bonne fouace au lard, chaude, chaude...

POLIDORO. Tu es une véritable grenouille pour leurs marais^^!

RADiccHio. Ces filles, selon moi, sont les récoltes et les omelettes friandes de Cupidon... Il ne faut pas, pour aiguiser l'appétit, des blancs-mangers, ni des cailles au sucre et à Peau rose, niais bien des grillades et des saucisses... Eh! <|ui ne dévore, Comme un traître, de la viande salée aux choux ? Eh ! qui ne ^'îent pas à bout d'une soupe lombarde ^^?

POLIDORO. Il n'est point permis de parler de ma damc^* avec lu hiogue qui sert à parler des autres.

RADiccHiO. Ainsi donc on doit être muet, ou emprunter la langue de son philosophe.

PODIDORO. Demeure à te promener où il te plaira, car l'heure du berger ** sonne.

RADICCHIO. Avec l'oreille au guet *^^ n'est-ce pas ?

POLIDORO. Il n*est pas nécessaire.

RADICCHIO. Puisque vous y êtes pour un peu de temps, je m'en irai faire l'amour de mon côté **.

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