‹ Œuvres choisies de P. ArétinChapitre 57 sur 218 · ACTE IV, SCÈNE IV. bl · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE IV. bl

NEPiTLLLA. Et vjgiles , et quatre-temps, je u^aurai garde d^en oublier un seul ^ !

TESSA. Messke Piaitolastica^^, nous mettrons l'aventure en comédie ; tiens-le |K)ur sûr et pour certain !

RAOïccHio. Il restera pétrifié *', aussitôt qu'il verra la mêlamorphose.

TESSA. Nepitella, va prendre mon luth dans ma chambre , et apporte-le-moi.

NEPITELLA. J'y vais.

RADiccHio. Donneriez-vous une aubade au domine ?

NEPITELLA. Voici le luth.

TESSA. Je Tai fait apporter, afin que toi et Polidoro, quand vous verrez le bon moment, au milieu du vacarme que fera mon. mari , furieux de se voir attrapé, vous passiez devant lui on feignant de chanter ensemble pour vous xJiverlir.

RADICCHIO. Et ainsi ce triple niais '^ sera forcé de se dire à lui-même qu'il a manqué son coup.

TESSA. Sennepa*^ le /Aeo/o^tVnn'auraitjamais imaginé cette autre ruse.

POLIDORO. Les ruses que votre prudence invente sont toutes des inspirations d'une sagesse divine : ainsi, je les seconderai toujours, quoique je ne sois pas moins fâché de vous causer du désagrément, que d'être privé du plaisir que je pensais goûter avec vous.

NEPITELLA. Finissons-cu ! ** Assez !

TESSA. Ne craignez rien, cœur de mon cœur, et sang de mon sang !

RADICCHIO. Donnez-vous vite un baiser *"* !

POLIDORO. J'ai baisé votre âme accourue sur vos lèvres.

TESSA. Et moi, votre esprit apparu au milieu de votre bouche.

RADICCHIO. Enfin, ce sont là des baisers à la française '*.

NEPITELLA. Rcutrons, car voilà là-bas un homme qui s'en vient tout seul; mais sa brigade est derrière lui.

Page 1