DE PAPA
TËSSA. Je ne viens pas ici pour y rester, certes ! mais pour reprendre ce que j'apportai dans cette maison, où plût à Dieu que je ne fusse jamais venue !
SALVALAGLio. Vous y rcstercz , oui.
PAPA. Il y a plusieurs jours que je m'aperçus quMI voulait lui chercher (|uerelle à propos de rien *'*.
NEPiTELLA. Jc le sais bien , moi , car vous me le dites.
SALVALAGLio. Cela vous a donc paru ainsi?
TESSA. Tout moulin veut son eau.
PAPA , à Salvalaglio, Tu l'entends?
SALVALAGLio. Et peut-ètre encore...
TESSA. Le mari doit faire à sa femme les caresses que le pain coupé en tranches *^ fait à la carbonade qui l'imbibe de sa graisse.
PAPA. Elle sait te le dire.
TESSA. Suis-je femme , moi , à m'entendre dire : « Laissemoi tranquille? » Suis-je , moi , une vieille édentée ? Te serable-t-il donc que j'aie été ranjassée sur le pavé , et (jue je sois si déplaisante qu'on ne puisse me souffrir?
SALVALAGLio. Quant à cela, il a le plus grand tort^'.
PAPA. Maintenant, tu me plais, toi !
TESSA. C'est moi qu'il devrait caresser" ; c'est avec moi qu'il devrait se divertir, le bavard , et non avec ses gros vilains livres et ses paperasses !
SALVALAGLIO. 11 vaut mieux tard que jamais.
TESSA. Et avec quels cris a-t-il frappé à coups de pied la porte de son cabinet d'étude! et pourquoi , Fessa? pour cuver le vin de ^es injurieux soupçons , et voir un àne face à face ".