ACTE V^ SCÈNE VIII
"elles, se flatte de s^éleverjusqu^aux sciences surnatureUes!...
SALVALAGLIO. MontTODS-DOUS.
TESSA. Il a tourné la tête de ce côté.
PAPA. Avançons, puisqu^il nous a vus.
pLATARiSTOTiLE. Ouî, c'cst elle-même.
TESSA. Hu! hu!
PLATARISTOTILE. Poiut dc larmcs, mais des rires , ô mon Banquet de Platon, et ma Politique d'Aristote !
PAPA. Voilà que c^est pourtant une belle chose, que de se nriettre à la raison.
SALVALAGLIO. Oui, bcUc !
PLATARISTOTILE. Salut, Ô mou énigme de l'univers corporel !
PAPA. Injurier sa femme, et puis lui dire des douceurs, c^est vraiment trop !
PLATARISTOTILE. simulûcrc, image et ressemblance de la beauté divine, salut !
PAPA. C^est chose sainte, que de reconnaître ses torts !
PLATARISTOTILE. mou cb^os de forme matérielle, pardonne-moi !
TESSA. Hu! hu! hu!
PLATARISTOTILE. intelligence universelle, avec toutes les Idées qu'elle produit, pardonne-moi !
TESSA. Naguère j'étais celle qui avais fait et dit... !
PLATARISTOTILE. bichc d^amour, ô chevrette de grâce. Viens, viens !
SALVALAGLIO. Allous, soycz gentil ^ !
PLATARISTOTILE. Vicus à moi, Ô coétcrnelle à la beauté céleste!
NEPiTELLA. Un pcu plus VOUS la mangiez de baisers!... Par mon âme !... C'est assez maintenant.
SALVALAGLIO. Tais-toî, entremetteuse"!
NEPiTELLA. Qucllc modération !
PAPA. Dites-nous donc, qui vous a ensorcelé? Avec quelle femme avez-vous soupe hier au soir?... Certainement, il y a quelque chose comme cela.
PLATARISTOTILE. En philosophaot sur Tess^we^ Avsvûfc ., ^
72 LR PHILOSOPHR.
la m&niAre Ôen péripatétieiens, je fus Assailli par le sommai! , de façon que je m'endormis. Cependanf , Tagilatlon de moo cerveau m'éveilla '"; et, ayant approché mon oreille de la porte de la chambre, il me parut entendre... et emiera.
TESSA, à sa servante. Nete dis-je pas, lorsque tu sentis Todeur de son haleine : « Voilà le messire qui vient nous épier!... Certes je veux m'en venger , en disant un peu haut : Polidoro tarde beaucoup à venir ! »
NEPiTELLA. Oui, par mon ftme !
TEssA. Le nom de ce jeune homme " me vint alors sur les lèvres, parce que c'est le dieu d'amour pourtrait au naturel f
PLATARiSTOTiLE. Il fut pHs pourtant dans le piège !
SALVALAGLio. Le renard aussi y prit le loup "*.
NEPiTELLA. Quand?
SALVALAGLIO. Alors qu*entré dans un seau , il fût emporté au fond du puits : car, comme il était plus lourd que le seau, il le fît aller de haut en bas ; et, le lourdaud lui disant : c Où vas-tu, compère?» il répondit : c ]^ monde est faiten escalier.»
PAPA. C'est pourquoi l'un descend, et l'autre monte.
SALVALAGLIO. Oui, commèrc.
NEPiTELLA. Si bien, qu'il y a aussi des loups qui attrapent les renards.
PLATARISTOTILE. Fulgosc du moius Ic dit dans son j4nteroê^y où il cite beaucoup de femmes qui, étant fées, changent leurs maris en cerfs, et leurs amants en bêtes de somme ; et , quant à ce qui m'intéresse, moi, qui ai le choix de me transformer d'homme en taureau, ou en l)élier, ou en capricorne, je donne à celle qui est cause de ma métamorphose, le titre de magicienne.
TESSA. mon père! ô mon époux! ô mon seigneur! Si je l'ai fait, je vous en demande pardon ; et, lors même que je ne l'aurais point fait, pardonnez-moi le déplaisir que vous avez de croire que je l'ai fait... Et que la récompense d*un tel pardon soit la volonté que j'ai de ne plus le faire jamais , et , tant que je vivrai, de ne pas vous donner seulement à penser que je le fasse""!...