‹ Œuvres choisies de P. de RonsardChapitre 10 sur 147 · XVIII NOTICE · texte numérisé non relu

XVIII NOTICE

Non mihi semper erit cîrcum palientia pectus,

Non tua perpetuo dicta salesque feram.

Invitas, juro, tristes accingar iambos,

LsBsus et expediam carmina mille tibi, Qu8B miserum subigant laqueum vel nectere coUo,

Francica vel turpi linqilere régna fuga; Ut discant homines, linguse sors ultima et cris

Exitus effreni quam miser esse solet. *

Quelques hommes modérés essayèrent de finir une querelle qui séparait des poètes faits pour s'estimer. Guillaume des Autels surtout, ami des deux rivaux, se distingua dans ce rôle honorable de conciliateur ; il les exhorte en Tune de ses pièces à faire leur paix, comme autrefois Apollon et Mercure ; voici sa dernière strophe :

Gomment pourroit ce mortel fiel Abreuver ta gracieuse ame, O Mellin, Mellin tout de miel, Mellin tousjours loin de tel blasme?

Et toi, divin Ronsard, comment Pourroit ton haut entendement S'abaisser à ce vil courage?

Le champ des Muses est bien grand ; Autre que vous encore prend Son droit en si bel héritage ; Mais vous avez la meilleur part ; Si maintenant je Tavois telle.

Je ferois la paix immortelle De Saint-Gelais et de Ronsard.

Grâce à cette entremise officieuse et au bon esprit des deux adversaires, la paix ne tarda pas à se con-

i. Éd. P. Bl., t. IV, p. 361.

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