‹ Œuvres choisies de P. de RonsardChapitre 11 sur 147 · SUR RONSARD XIX · texte numérisé non relu

SUR RONSARD XIX

dure. Mellin adressa à Ronsard un sonnet flatteur, qui fut inséré par le jeune poète en tête de la seconde édition de ses AmourSj en 1553/ comme un gage public de réconciliation ; il adressa à son tour au vieux Mellin une ode d'amnistie qui commence par ces vers :

Toujours ne tempeste enragée

Contre ses bords la mer Egée », etc., etc.

^ Je ne donne ces dates qu^avec méfiance. Un travail bibliographique sur les premières publications et les éditions originales successives des diverses poésies de Ronsard est à faire, et je n*en ai pas recueilli les éléments, mon objet ayant été purement Tappréciation et la critique littéraire. Je sais que des amateurs éclairés se sont plu à rassembler ces premières éditions fort rares ; il est à souhaiter que l'un d'eux supplée à cette lacune, qui ne peut se combler qu'avec toutes les pièces en main. Ronsard avait beaucoup changé, corrigé, quelquefois gâté, dans les éditions dernières faites sous ses yeux. Il pourrait ressortir de cet examen des vues nouvelles. (Note de l'édition du Tableau de la poésie, de 4845.) Il m*a été donné depuis de me fixer au moins sur les premières éditions de Ronsard : je vais citer ce qui m*a passé sous les yeux :

L'Hymne de France, 1549;

Ode à la paix, 1550;

Les quatre premiers livres des Odes, 1550 ;

Les Amours, avec le cinquième livre des Odes, 1552;

Les Amours, avec le commentaire de Muret (deuxième édition),

{Addition de Védition du Tableau de la poésie, de 4876.)

*. Toujours ne tempeste enragée,

Contre ses bords la mer Egée, Et toujours l'orage cruel Des vents comme un foudre ne gronde, Élochant * la voûte du monde D'un soufflement continuel.

Toujours l'hiver de neiges blanches Des pins n'enfarine les branches, Et du haut Apennin toujours

* £2ochant, disloquant, du bas \ni\n elocare. (L. M.)

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XX NOTICB

A Texemple de Ronsard, Du Bellay ne perdit pas désormais une occasion de mentionner honorablement dans ses vers le nom de Mellin.

L-'année 1552 fut célèbre par le triomphe tragique de Jodelle, Tun des plus chers et fervents disciples de Ronsard.* \ Celui-ci nous a transmis le détail de la fête d'Arcueil, où l'on accusa les convives d'avoir immolé en païens un boUc à Bacchus. Ce furent d'abord les ennemis du théâtre classique et les partisans des mystères qui firent courir ce bruit ; plus tard, les calvinistes le relevèrent, quand Ronsard les eut offensés par ses satires catholiques. Voici le récit du poète :

Jodelle ayant gaigné par une voix hardie L'honneur que Thomme Grec donne à la Tragédie, Pour avoir, en haussant le bas style françois. Contenté doctement les oreilles des rois, La brigade qui lors au ciel levoit la teste (Quand le temps permettoit une licence honneste). Honorant son esprit gaillard et bien appris, Luy fît présent d'un bouc, des Tragiques le prix.

La gresle le dos ne martelle, Et toujours la glace éternelle Des fleuves ne bride le cours, etc.

C'est imité d^Horace, liv. II, ode ix.

Non sempcr imbres nubibus hispidos Manant in agros aut mare Caspium

Vexant inœquales procellœ

Usque. etc.

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