‹ Œuvres choisies de P. de RonsardChapitre 130 sur 147 · SON PRECEPTEUR · texte numérisé non relu

SON PRECEPTEUR

Ils ont menty, d'Aurat, ceux qui le veulent dire, Que Ronsard, dont la muse a contenté les rois, Soit moins que le Bartas, et qu'il ait par sa voix Rendu ce tesmoignage ennemy de sa lyre.

lis ont menty, d'Aurat, si bas je ne respire , Je sçay trop qui je suis, et mille et mille fois Mille et mille tourmens plutostje souffrirois, Qu'un adveu si contraire au nom que je désire.

Ils ont menty, d'Aurat, c'est une invention Qui part, à mon advis, de trop d'ambition; J'auroy menty moy-mesme en le faisant paroistre ;

Francus en rougiroit, et les neuf belles Sœurs

Qui trempèrent mes vers dans leurs graves douceurs

Pour un de leurs enfans ne me voudroient cognoistre.*

* Bril, breil, breuil, broil; ramée, branches d'arbre, feuillage, jeune bois. De là ces noms Dubreuil, et de Brogiie à l'italienne. (L. M.)

« Éd. P. Bl., t. V, p. 34S.

340 POéSIBS DIVERSES

On avait fait courir le bruit, lors de rapparition de la Première Semaine, que Ronsard, s'avouant vaincu par Du Bartas, lui avait envoyé une plume d'or.

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