‹ Œuvres choisies de P. de RonsardChapitre 136 sur 147 · DE LA RYME · texte numérisé non relu

DE LA RYME

La ryme n'est autre chose qu'une consonance et cadance de syllabes, tombantes sur la fin des vers, laquelle je veux que tu observes tant aux masculins qu'aux fœminins, de deux entières et parfaites syllabes, ou pour le moins d'une aux masculins, pourveu qu'elle soit resonnante, et d'un son entier et parfait. Exemple des fœminins : France^ espérance^ despence ^ négligence^ familière^ fourmilière^ chère ^ mère. Exemple des masculins : surmonter, monter, douter, sauter, Jupiter. Toutesfois tu seras plus soigneux de la belle invention et des mots que de la ryme, laquelle vient assez aisément d'elle=anesme, après quelque peu d'exercice et labeur.

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