‹ Œuvres choisies de P. de RonsardChapitre 137 sur 147 · DE LA. VOYELLE E · texte numérisé non relu

DE LA. VOYELLE E

Toulesfois et quantes que la voyelle e est rencontrée d'uuè autre voyelle ou diphihôngue, elle est tousjours mangée, se perdant en la voyelle qui la suit, sans faire syllabe par soy; je dy rencontrée d'une voyelle ou d'une diphthongue pure, autrement elle ne se peut mauger quand Vi et u voyelles se tournent en consones, comme je, vive. Exemple de e qui se mange : Cruelle et fiere^ et dure, et fascheuse amertume. Belle au cœur dur^ inexorable et fier. D'avantage i et a voyelles se -peuvent elider et manger. Exemple d'à : VartUlerie^ Vantour, pour la artillerie, la amour. Exemple de la voyelle i : n'a ceuxcy, n'a ceux-là. Quand tu mangerois Yo et Yu pour la nécessité de tes vers, il n'y auroit point de mal, à la mode des Italiens, ou plustost des Grecs qui se servent des voyelles et diphthongues, comme il leur plaist, et selon leur nécessité.

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