‹ Œuvres choisies de P. de RonsardChapitre 140 sur 147 · DES VERS COMMUNS · texte numérisé non relu

DES VERS COMMUNS

Les vers communs sont de dix à onze syl'abes, les masculins de dix, les fœminins d'onze, et ont sur la quatriesme syllabe leur repos ou reprise d'haleine, ainsi que les vers alexandrins sur la fin des six premières syllabes. Or comme les alexandrins sont propres pour les sujets héroïques, ceux-cy sont proprement naiz pour les amours, bien que les vers alexandrins reçoivent quelquefois un suject amoureux, et mesmement en Elégies et Eclogues, où ils ont assez bonne grâce, quand ils sont bien composez. Exemple des vers communs masculins :

Heureux le roy qui craint d'offenser Dieu.

* Non seulement le potier jalouse le potier et le charpentier son confrère, mais aussi le poète jalouse le poète.

' Cet alinéa, ajouté en 1573, a été retranché dans les éditions posthumes.

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Exemple du fœminin :

Pour ne dormir j'allume la bougie.

Telle manière de cannes ont esté Tort usitez entre les vieux poètes frauçois ; je te conseille de t y amuser quelque peu de temps avant de passer aux alexandrins. Sur toute chose je te veux bien advertir, s*il est possible (car lousjours on ce fait pas ce qu'on propose) ,que les quatre premières syllabes du vers commun ou les six premières des alexandrins soient façonnées d'un sens aucunement parfait, sans remprunter du mot suivant. Exemple du sens parfait:

Jeune beauté maîstresse de ma vie.

Exemple du vers qui a le sens imparfait :

L'homme qui a esté dessus la mer.

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