‹ Œuvres choisies de P. de RonsardChapitre 22 sur 147 · XXXII NOTICE · texte numérisé non relu

XXXII NOTICE

languir de ses yeux; que, dans un naufrage, lorsque le vaisseau s'est englouti, il nous montre

Les mariniers pendus aux vagues de Neptune ;

qu'en un transport d'amour platonique et séraphique, il s'écrie :

Je veux brûler, pom* m'elever aux cieux, Tout rimparfait de mon ecorce humaine, M' éternisant comme le fils d'Alcmene, Qui tout en feu s'assit entre les dieux ;

dans tous ces cas et dans la plupart des autres, les beautés appartiennent au style, et nous avons à nous féliciter que Ronsard ait écrit en français. C'est cette considération •particulière qui a surtout déterminé le présent éditeur et commentateur de Ronsard à en appeler en dernier ressort auprès du public d'un procès qui semblait jugé à fond, et à venir se placer, en toute humilité, comme défenseur et partisan du vieux poète, immédiatement au-dessous de mesdemoiselles de Gournay et Scudéry, de Chapelain et de GoUetet :

A toi, Ronsard, à toi, qu'un sort injurieux Depuis deux siècles livre aux mépris de Thistoire, J'élève de mes mains l'autel expiatoire Qui te purifiera d'un arrêt odieux.

Non (Jue j'espère encore, au trône radieux D'où jadis tu régnais, replacer ta mémoire.

Tu ne peux de si bas remonter à là gloire :

Vulcain impunément ne tomba point des cieux.

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