SUR RONSARD XLI
siècle, sur la matière que Fracastor a célébrée, n'était jamais avare.
Par compensation, Ronsard reçut du pape Pie V un bref qui le remerciait de s'être montré en faveur de la religion^ La religion de Ronsard d'ailleurs, en cet âge de fanatisme, parait avoir été celle d'un honune sage. Il a exprimé son sentiment d'indifférence philosophique autant qu'orthodoxe pour toutes ces divisions et variations des sectes :
L'un se dit zwinglien, Fautre luthérien,
Et fait de Thabile homme au sens de rËcriture.
Chacun songe et discourt, et dit qu'il a raison.
C'est dans un sonnet adressé à Louis, prince de Condé, qu'il parle de la sorte, et il n'a tenu qu'à ce prince, fauteur et soutien de la Réforme, d'y'voir une leçon. Peu après cette querelle de parti et cette polémique, la seule au reste qu'il eut dorénavant à soutenir, Ronsard publia, en 1565, un recueil intitulé Élégies ^ Mascarades et Bergerie; ce sont, pour la plupart, des pièces de circonstance, des divertissements de cour qui furent représentés à des fêtes, et qui sont pour nous purement ennuyeux et sans intérêt ; mais j'y trouve en tête, sous le titre d'Élégie, un discours en vers à la reine d'Angleterre Elisabeth, nouvellement
1 M. de Falloux, dans son histoire de Saint Pie F, a rendu cette circonstance en des termes assez singuliers : c Pie V, dit-il, ne dédaigna pas non plus d'adresser des encouragements aux hommes lettrés qui prenaient un rang -honorable dans la mêlée des intelligences. Ronsard c ayant armé les Muses au secours de la re> « ligion », le pape Ten remercia hautement par un bref. > M. de Falloux est certainement un homme poli : on vient de voir ce que c'était que cette mêlée des intelligences.
Mh