SUR RONSARD LUI
sa dame en lui envoyant un bouquet, une aprèsmidi :
Je vous envoie un bouquet que ma main, etc. *
Rémi Belleau, dans son commentaire, a fait remarquer que ce sonnet est imité d'une petite pièce latine de Marulle ; il ne dit pas qu'il pourrait aussi bien paraître imité de cette jolie épigramme de l'Anthologie, et qui est du poète Rufin :
« Je t'envoie, Rbodoclée, cette couronne qu'avec de belles fleurs j'ai moi-même tressée de mes mains : il y a un lis, un bouton de rose, une anémone humide, un tiède narcisse, et la violette à l'éclat sombre. Ainsi couronnée, cesse d'être trop fière ! tu fleuris et tu finis, et toi et la couronne. »
Un des plus beaux sonnets de Ronsard, et qui le caractérisent le mieux dans son feu d'étude, dans sa fièvre de poésie et de travail, c'est celui qui commence par ces vers empressés, impétueux :
Je veux lire en trois jours V Iliade d'Homère, Et pour ce, Gorydon, ferme bien l'huis sur moi...
Il y ordonne à ce laquais, Gorydon, de tenir sa porte exactement close et de ne le déranger pour rien au monde, sous peine d'éprouver à l'instant sa colère.
* Voy. ci-après, p. 315.
> 20 octobre 1855.