‹ Œuvres choisies de P. de RonsardChapitre 38 sur 147 · LIV NOTICE · texte numérisé non relu

LIV NOTICE

11 n'y aurait que le cas unique où quelqu'un viendrait de la part de sa maltresse Gassandre : oh I alors la consigne tomberait à l'instant ; mais hormis pour elle, il est invisible à l'univers :

Au reste, si un dieu vouloit pour moi descendre Du ciel, ferme la porte et ne le laisse entrer. *

Je le crois bien, en lisant avec cette passion V Iliade d'Homère, il est déjà avec les dieux mêmes et avec les héros ûls des dieux.

Dans cette pièce on sent toute l'ardeur de la Renaissance, cette avidité d'apprendre, de dévorer, de s'incorporer les anciens. Si Ronsard sort d'une lecture ainsi forcée avec une poésie un peu haute en idée, mais inégale et indigeste, et la tète montée comme on dit, on n'en sera pas surpris. Excusez-le s'il ne gouverne pas son français comme il le faudrait, il vient de faire un excès d'Homère ou de Pindare.

M. Gandar, qui est un adorateur d'Homère (et j'appelle adorateurs ceux qui le sont par un vœu tout spécial et par une pratique fidèle), lui qui a fait le pèlerinage d'Ithaque, qui a visité le port de Phorcys et la grotte des Nymphes, qui a reconnu le lieu certain des étables d'Eumée, et déterminé l'endroit probable de la maison d'Ulysse*, M. Gandar s'est complu à rechercher dans l'œuvre de Ronsard la trace et l'influence homérique. 11 a très-bien montré que c'était une grande nouveauté alors en France de lire Homère en grec, que dans l'Université môme, et parmi ceux qui passaient pour doctes, on ne s'en

* Voyez ci-après, p. 318.

* Dans sa thèse latine De Ulyssis Ithaca, 1854.

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