‹ Œuvres choisies de P. de RonsardChapitre 67 sur 147 · STROPHE II · texte numérisé non relu

STROPHE II

Aussi tost que leur petitesse, Courant avec les pas du temps, Eut d*une rampante vistesse Touché la borne de sept ans ; Le sang naturel, qui commande De voir ses païens, vint saisir Le cœur de ceste jeune bande Chatouillé d*un noble désir :

Si qu'elles mignardant leur merc Neuf et neuf bras furent pliant Autour de son col, la priant De voir la face de leur père.

ANTISTROPHE

Mémoire impatiente d'aise,

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Délaçant leur petite main, L'une après l'autre les rebaise, Et les presse contre son sein.

Hors des poumons à lente peiqe Une parole luy montoit, De souspirs allègrement pleine.

Tant Tafifection l'agitoit, Pour avoir desja cognoissance Combien ses filles auroient d'beur, Ayant de près veu la grandeur Du dieu qui planta leur naissance.

ÉPODE

Après avoir relié D'un torlis de violettes Et d'un cerne de fleurettes L'or de leur chef délié ; Après avoir proprement Troussé leur accoustrement.

Marcha loin devant sa trope, Et la hastant jour et nuict D'im pied dispos la conduit Jusqu'au rivage Ethiope.

Tortis, tresse. Cerne^ couronne. — Ce petit tableau de famille, ces neuf et neuf bras enlacés au cou maternel, la joie de la mère et la toilette du départ, ont infiniment de grâce, et Texpression en est riante, quoique peut-être un peu chargée et fatiguée.

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