STROPHE III
Ces vierges encores nouvelles.
Et mal-apprises au labeur,
Voyant le front des mers cruelles, S*effroyerént d'une grand'peur ; Et toutes pancherent arrière ( Tant elles s'alloient émouvant ) Ainsi qu'au bord d'une rivière Un jonc se panche sous le vent :
Mais leur mère non estonnée De voir leur sein qui haletoit, Pour les asseurer les flatoit De ceste parole empennée :
ANTISTROPHE
Courage, mes filles (dit-elle), Et ûlles de ce dieu puissant.
Qui seul en sa main immortelle Soustient le foudre rougissant ; Ne craignez point les vagues creuses De l'eau qui bruit profondement, Sur qui vos chansons doucereuses Auront un jour commandement :
Mais forcez-moy ces longues rides.
Et ne vous souffrez décevoir, Que vostre père n'alliez voir Dessous ces royaumes humides.
ÉPODE
Disant ainsi, d'un plein saut Toute dans les eaux s'allonge.
Gomme un cygne qui se plonge Quand il voit l'aigle d'enhaut ; Ou ainsi que l'arc des cieux Qui d'un grand tour spacieux
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Tout d'un coup en la mer glisse, Quand Junon hSste ses pas Pour aller porter là-bas Un message à sa nourrice.
Varc des deux, assez mal à propos pour Iris. — Un message à sa nourrice, à Thétys. — C'est une charmante image que celle de ces neuf vierges qui, effrayées àFaspect des flots, penchent toutes en arrière,
Ainsi qu'au bord d'une rivière»
Un jonc se panche sous le vent ;
et que celle de cette mère qui s'élance la première pour leur donner l'exemple,
Comme un cygne qui se plonge Quand il voit Taigle d*enhaut.
Le foudre rougissant est un trait magnifique.