‹ Œuvres choisies de Prévost avec figures (volume 2)Chapitre 35 sur 60 · LETTRE CXXXV · texte numérisé non relu

LETTRE CXXXV

}His8 Clarisse Harlove à madame Hervey.

Jeudi 30 ayril.

MAVAins, MA TBiS-BONORÉE TANTE,

JN 'ayant pas reçu de répopsiiç ^ une lettre quê^ )'aî pris la liberté de¥Oti$éorir6Jiei4,)emeflatt6) pour ma consolation, qu'elle n'aura point > été yac^ qu'à vous^ car il me seroit trop jaaortiûfiaatdepen-: ser que i^^.tmte Hervey me juge indigne de son imentioiu . « Dans ^m^ ^pérance^ ayant conservé ime copie

DE CLARISSE. 5ll

de ma lettre, et ne pcmyant m'exp rimer dam des termes qui conviennent mienx aux malbeureuses circonstances, je ]a transcris, je la mets avec celle-ci sous une ^iveloppe commune , et je vous supplie très - humblement d'appuyer de votre crédit ce qu'elle coptient *.

Il est toujours en mon pouvoir d'exëcuter les mêmes offires; et rien ne seroit plus .affligeani pour moi que de me voir précipitée dans d'autresmesnrés, qui rendroient ma réooamliaûott plus difficileit

S'il m'étoit permis, Miiâàixfi&^<|p voua écrire avec Fespérance d'une réponle^ je smela. état de justi-* fier mes intentions dans la démarelae où ]e me suis engagée; quoiqu'aux yeux dçi mes plt» ngonreux* juges, je ne me flatte pas dé pouvoir éviter quelque reproche d'imprudence. Pour. vou&,> fen ms sù^e, vous auriez pitié de moi, si vous saviez tout cequè î'aurois à dire p6ur ma défense y et eoœbiènf ^e tae crois misérable d'avoir perdu l'estime de tous mes amis. t '

Il n'est pas encore impossible de rffc'y rétablir. Mais, quelle que soit m» sentence au château d'Hai^^ love, lie me l'efusee pàs^ xaét chère tante ^ quet^es lignesde répoase^peur m'^^prëodres'il n'y â point d'espéranôede réc6neUiation^à dei» con<^tii>ns moins

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cbo(}tiaDte8 que celles qu'on a voulu m'imposer; ou ^ m'^en préserve le ciel ! si je suis abandonnée san» retour.

Du*>moins, ma obère tante, procurez-moi la jus-* tice que j'ai demandée dans une lettre à ma sœur, pour mes habits et pour la petite somma d'argent ; afin que je ne me trouve pas destituée des comino* dites les plus simples , et dans la nécessité d'avoir obligation à ceux autquels je souhaiterois^ le moins d'accorder cet avantage sur moi. Permettez -moi d'observer que, s^ ma démarche étoit venue dSm dessein formé, j'aurois pu du-moins, avec l'aident et les pierreries, m'^pargner les mortifications que j'ai souffertes^ et qui ne peuvent qu'augmenter si ma demande est rejetëe.

Si vous obt^iez la permission dé recevoir les éclaircissements que je vous offre, je vous ouvrirai le fond de mon cœur, et je vous informerai de tout ee que vous ignorez.

Si l'on se propose de me mortifier, ah! faites bien comiottre que je le suis excessivement; et que c'est néanmoins par mes propres réflexions que je )é suis, n'ayant pomt de jdainte à faire de la pei^ sonne dont on appréb^idoit toutes sortes de maux..

Le porteur de ma lettre a qudques affaires dans votre quartier , qui lui donneront le temps d^at-^ tendre votre réponse >^tou^ m'accorde;p cette, fe-

DE CliARISfiTE. 5l5

vcur, et de me l'apporter samedi au matin. Cest une occasion que je n'a vois pas prévue. Je suis, etc.^

Clarisse HARiiOVE.

P. S. Personne ne saura jamais que vous aveK> eu la bonté dem'écrire, si vous souhaitez que votre réponse demeure secrette.

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