‹ Œuvres choisies de Prévost avec figuresChapitre 2 sur 76 · AVENTURE D'UN DESESPERE · texte numérisé non relu

AVENTURE D'UN DESESPERE

Ll y a quelques années que deux personnes , qoi ftassoien^ sur le Pont^Neuf entre onze heures et minuit, entendirent la roix d'une femme qui paroiseoit être dans quelque danger pressant, mais à qcp la fiajenr même, ou quelque passion violente, ^^oit la force de faire entendre ses cris bien loin. Lesdieiix passants se bÀtèrem d'avsncer dani ïohsh

li AVENTURES

curiié, et devinrent comme immobit^ d'éton&e« ment au ^ectacle qa'ils aperçurent. Une foible Ia«mière , que la hme répandoit sgti iraivers de quelque nuage, leur fit voir une femme qui continuoit de pousser des soupirs de frayeur plutôt (|ue des cris , et qui y m^oit quelques paroles mal articulées^ par'lésquelles elle demandoit grâce du -moins pour sa vie. Un homme de belle taille , et mis fort pro-^ prement, la poussoit malgi^é efle le k>ng du ^parapet, et Fayant courbée tout-d'un-^côup sur le mur, il paroissoit prêt à la jeter dans la Sdine, lorsqu'ayant changé de mouvement, et la r^oussant au contraire vers le milieu du pont : Va , lui dit-il , tu n'es pas digne de mourir; et sautant légèrement sûr le mur, il se précipita lui-même sans ajouter un seul mot.

Quoique toutes ces circonstances se fussent passées SI vite que les deux passants n'avoi^it piasleu le teinps de revenir de leur première surprise , la compassion naturelTe les porta ausâtôt à courir vers les d^rés qui se trouvent en divers endroits au long de la rivière; et prenant le parti d'aUer»jusqu% ces bateaux de passage qui sont vis-à-vis les Quatoe- Mutions, dans Fespérance de pouvoir s'en. ser39ir pour faciliter leur dessein, ils y arrivé^énten eflR^ si heureusement, qu'ils virent presque afu même instant flotter le cadavre , et si près d'eux^ qu'ib né purent s'y méprendrei Cependant, n'ayant > trouvé

ET A^£CI)QTKS. l5

1» rames ni awonfi sut.Ies bateaux ^ Us auroient alIoBgéîaiiitUeibenties bras^ s'ils ne^e fiisseat ayi-ses de descendre' plus bas le long du rivage ^ jiuqu'à ces espèces de boutiques flottantes où l'on blancbit le. Hnge. CEomme dles se cosahuniquent l'une à l'autre, et que lesvdernières sont presque au milieii du courant 9 ils s'ayaiicèrwt asèez pour n'avoir phi^ besoin que d'ouvrir les Inras^ où ils reçurent le ca^ davre , qui/yint s'y r^idre. de lûi-meine.

Je lui donne un nom jqu'il pdùvoit porter, puîs^ qu'il n'ëtoit pas différent d')ui oorps sans vie ; li^^is après avoir été suspendu un moment par les pieds ^ la violence avec laquelle il rendit quantité. d'^u. fit connoître que toute sa force n'étoit'pâs épuisée* La coonoissànce lui revint presque aussitôt. ||: demanda à ses libérateurs où il étoile, et p^r qi}f^ coup du ciel U se trouvoit entre leUi^ bras ; ensiïijte, 8€f rappebini toutes les cirQQustapceç de son aventure, il Jes'reoiercia vivement 'du service qu'ils lui avoient rendu. Que la raison est foible, leur dijt-^il. d'un ton fort ,U*anquille, et Qu'elle pous ser\ f^l dans le transport d'une passî^Q.vi^ltotefJi|ai§î si c'est après !âvair été témoins de 19a £oUe qpe^yous étesivenus^sLgiénéreusemaoït è mon secours, dil^^ moi, ajouta^-il,* ce .qu!est, devenue Is^ m$ii|ii§ui*e|}^ quim'à troublé l'esprit , et qui méritoit bien mmù.: que moi I'honâ>le sort.auqnel )^ me suis ea^po^. Us lui racMftèi^m, tout œ ^'ik avoient yu, eit'^^

l4 ATBN'rUECS '

guette iBBBière ils s'étoient mis «n âat àe le 90600*4 lir, sansttfoir an 1« ttmpB de fiâre la mouidre at-> tedlionà sa compagQe. Hëhal r^m-il a?ac un soch ptr, eHe est indîgae da Bckn qui nv'inqttiète eocoM; nabu^iiiiporte, ^ilnes'esipaiiéqu'un'iiiônient dcH pQÛ ma cboie, votta la trouvar» peuMtre sut le Pckit-^Neaf 5 et vom l'aidere» k retourôer ohes elle, où je renoiioe pour jamaia a la Toir.

L'un de se6 deuic Kbéraiiettrs retourna au Pont- Neuf pour le satisfaire ; mais ce fût inutilement <|u'il ohercbade tous eÀt4s, et qu'il éleva pluneutf^ fois la Toix pour se faire efitendre. N'ayant pu dé^ couvrir persoutie, il attendit quelques paatantaqui venoient delà rue Dauphine, ei leur ayant demandé s'ils nVvoient pas rencontré une dame à pied et sans suite, il apprit d'eux qu^Is en avoient vu une vera le carrefour de là T«e de Bussy^ sods l'escorte du guet, qu'elle avoit prié, en leur préséude, de tv ednduiré eheâi elle. U étoit clair que c'éioit celles qu^ cfeterehoit.

Il regagna aussitôt )e quai aveoautatit^^d'empres^ sèment de pénétrer Ié fond de teste aventure , que d'ardeur pour eçutinuer sas services. B trouva I9 maftieui^eux iticonuu dans le lieu où il Favoit laissé/ iMis assez ^rétabli pour s'oeouper avec beaucoup dci libeiiié d^rit des soins qui donvetioiebtà sasttûat^ tîon. Après aVCrfrap^ria que la daîiie éloit en sèh> iMé-, i} pria ses deux qoea^agiidnli é^i» dédares^

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mtlwélleDMnft <ffi ila é\jpient, pour liil &ire con-* ooitre s'il doraîll» croire Mvaai capables de discret tion <jae dezèlo, et s'il pouYoit leur aœordev aun tant de bomfiaBce qu'il Jeur devenu de reeODooissaaace et d'affecùon* L'un confessa qu'il étoit no-^ taire; Tautre a voit été intendant de feu M. le dxie dfi.^. y et a'étant retiré depuis la mort de son maître^ il viyoit faonnéteinwt de son bien. C^ deux carac-» ter es pronaettanft de la sagesse et de la probité ^ Fin*! cqona ne balan^ point i s'nxpliquer arec plua d'ouverti|re. J^ an» heureux , leur ditr^il, d'avoir cbhgàtion à de ai honn&es çbos. Vous pouvea eot eore m'iire utiles , ;et je compte que l'faipoitan v de oe que j'ai k vous confier vou» fera une loi io*^ viokble du secret,» U.leur apprît là^essusrle no» de la damn qni avoit causé toute sod inforiaae ^ el priant le notaire dp se rwdre suj*^lèH)hanip ohe^ eUe^il le cl^argea de lui apprendraqu'il s'étoit sauvé heureusemem^ et de lui repvésenter que , pour son propre intérêt, elledevoit s^imposer un silence éter* nel sur u>n\ oe <}ui ^'étoit passé oettetiwit. Dites la même chose à son père, a^uta-^t^il, citr je m'ima^ gine que, dans le premier trouble , elle lui aura déi colvert une pasde de la' venté , et promettez^leur de nui part que , s'ikb sont capables de se taire, i^ nViuront janaais rien à craindre 4ie mon ressentif ment. U lui nomma ensuite ua cabaret peu éloigna oà il aUott ae rendre «iwc l'intendam ^ psi|u*' fiâre s4

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